Introduction
Pierre Péan,
réputé
journaliste
d'investigation, a
commis un livre qui
nous surprend par la
violence de l'attaque
contre notre
association Survie.
Nous serions
à la solde d'un
mouvement politique
qu'il s'évertue
à dépeindre
comme
particulièrement
criminel. Mais, au
delà de cette
volonté de
blesser notre
narcissisme et de
réduire notre
influence, se pose la
vraie nature de ce
livre.
En résumé,
tous ceux qui
contestent la ligne
politique des
autorités
françaises sur la
question du
génocide au
Rwanda sont des
menteurs, des
manipulateurs ou des
manipulés, des
"idiots utiles" qui
ont servi "le plus
grand criminel" "en
exercice" : le "Tutsi"
Paul Kagame "Menteur"
puisque "les
Tutsi sont menteurs".
Ils auraient
entrainé les
Français dans le
tourbillon d'un
immense complot
international contre
la France, complot
dans lequel Jean
Carbonare, ancien
président
"affabulateur" de
Survie, aurait
joué un rôle
d'une envergure
insoupçonnée. Il
n'y aurait eu que 290
000 Tutsi tués et
plus d'un million de
Hutu massacrés.
Sans se faire
ouvertement
l'apôtre du
double génocide,
Pierre Péan
apparait donc en fait
comme un
ingénieur de
cette théorie
venu installer ses
soubassements. Mais il
dira haut et fort pour
sa défense qu'il
ne nie pas le
génocide des
Tutsi.
Il apparait que ce
livre est avant tout
un coup bas envers les
rescapés et
victimes rwandais du
génocide. Un tel
livre sur la Shoah
aurait soulevé un
tollé
général au
lieu de la
complaisance dont
bénéficie
Pierre Péan dans
certains médias
de l'État
français. Les
rescapés et
victimes rwandais du
génocide sont
assimilés
systématiquement
à des activistes
politiques qui
auraient
mérité leur
sort pour le seul fait
d'être
amalgamés à
des ennemis de la
France par des
stratèges
parisiens. Pierre
Péan se fait le
porte parole de cette
mesquinerie,
négationniste et
scandaleuse. Cette
plaidoirie apparait
comme le reflet d'une
agitation
pathétique de
français
médiocres, ayant
trahis les idéaux
de notre culture,
anxieux devant des
procédures
judiciaires qui
commencent à
devenir palpables. Les
accusations
glissées contre
nous relèvent du
principe de
l'accusation en
miroir, soulignée
par Alison Des Forges
dans le rapport "Aucun
témoin ne doit
survivre", comme
procédé de
la propagande
génocidaire au
Rwanda.
En Belgique et au
Rwanda,
essentiellement, des
Rwandais ont
entamé des
procédures
judiciaires contre
Pierre Péan. Ils
seraient nombreux au
Rwanda. En France nous
pensions qu'il
s'était
établi un
consensus parmi les
personnes et
associations
diffamées par
Pierre Péan. Vu
l'absence de
qualité
historique du
livre, son manque
de pertinence
et son
caractère
ouvertement outrancier
et calomniateur, il
apparaissait que
personne en France,
compte tenu des lois
et des pratiques
françaises, ne
porterait plainte
contre lui afin de ne
pas nourrir la
polémique
négationniste
qu'il tente de lancer.
Ce n'est certainement
pas en effet à
Pierre Péan de
fixer le calendrier et
les règles du jeu
de la recherche de la
vérité sur
l'implication de la
France au Rwanda.
Mais le 5 octobre
2006 SOS racisme,
Ibuka et Ibuka France
ont annoncé :
"SOS Racisme,
les rescapés et
survivants du
génocide des
Tutsi au Rwanda,
soutenus par
l'association IBUKA,
viennent de
déposer une
plainte contre Pierre
Péan et les
éditions Fayard
pour diffamation
raciale et incitation
à la
discrimination raciale
après la parution
du livre Noires
fureurs, blancs
menteurs. Rwanda,
1990-1994." La
loi française ne
permet pas de
poursuivre pour
négationnisme
dans le cadre du
génocide
rwandais. Grave
lacune. Pierre
Péan aurait
répondu qu'il
trouve cette plainte
"ridicule" !
Le 7 novembre 2008,
la justice
française a
absout Pierre
Péan des
accusations dont il
est l'objet. C'est
tout à fait
inacceptable et
montre que les
tribunaux
considèrent comme
licites les discours
d'incitation à la
haine raciale, entrant
subtilement en
négation du
génocide des
Tutsi et surtout en
renfort de
l'idéologie
génocidaire qui
n'est pas éteinte
parmi ceux qui veulent
aujourd'hui
reconquérir le
Rwanda. On ose appeler
cela "la liberté
d'expression". Je
croyais que la
liberté
s'arrête là
où commence celle
d'autrui. On peut donc
continuer en France la
campagne
idéologique pour
l'extermination totale
des Tutsi, pusique,
malgré les termes
alambiqués de la
décision de
justice, Pierre
Péan reste
impuni. Autre
conséquence non
négligeable
actuellement, c'est
aussi un encouragement
pour les congolais
"travaillés" par
les génocidaires
rwandais en leur sein,
ce qui est un de leurs
alibis, parmi
d'autres, pour refuser
de prendre leurs
responsabilités
dans leur pays et
vouloir eux-aussi
l'extermination des
Tutsi qu'ils ont
mainte fois
montré dans le
Kivu depuis quinze
ans. Compte tenu
des questions qui
pèsent sur la
véritable nature
des activités
professionnelles de
Pierre Péan, il
n'est pas interdit de
s'interroger sur
l'éventuelle
raison d'Etat qui se
cacherait
derrière cette
décision. Nous
savons que la raison
d'Etat
fait partie de la
dimension très
mensongère de la
culture
française. Nos
juges sont
d'éminents
représentants de
cette culture, sinon
ils n'auraient pas eu
leur diplome de
magistrats.
De toute façon,
il apparait
nécessaire de
continuer d'informer
honnêtement les
français sur le
rôle de la France
dans le génocide
au Rwanda. Si Pierre
Péan a pris le
risque aussi flagrant
de casser sa
réputation de
journaliste
d'investigation, c'est
probablement pour
obéir à
d'autres exigences. Il
oblige aussi à se
poser des questions
sur ses livres
antérieurs. A
quoi aurait pu servir
la polémique
qu'il a tenté de
lancer ? Ce livre
montre en tout cas la
permissivité
négationniste de
la France. Il
n'ébranle que
ceux qui connaissent
mal le sujet.
Les
pistes brouillées
de l'attentat du 6
avril 1994
L'attentat du 6 avril
1994 est
présenté par
les
négationnistes
comme le point central
des
événements
du Rwanda en 1994. Ils
espèrent en effet
renverser ainsi les
éléments qui
montrent que le
génocide avait
été
préparé. Au
Burundi, dont le
Président est
mort dans le même
attentat quelques mois
seulement après
l'assassinat de son
prédécesseur,
les ingrédients
pour une
déflagration
sociale
consécutive
d'autant plus forte
étaient plus
particulièrement
réunis. Elle n'a
pourtant pas eu lieu
comme au Rwanda. Ce
qui montre à
contrario que quelque
chose a bien
été
organisé au
Rwanda, puisque
qu'Habyarimana
accusait en plus une
certaine usure du
pouvoir. On se
souviendra notamment
qu'en 1992 des
manifestations
importantes, non
ethniques, avaient
revendiqué la
démocratie
confisquée par la
République hutu
du nord du Pays.
Au sujet des auteurs
de l'attentat, nous
avons en fait
très peu de
certitudes. Nous
n'avons que les
informations
rassemblées sur
cette page :
l'attentat
du 6 avril
1994, qui est
pourtant l'une
des plus
complètes
sur le sujet.
Nous avons
essayé de
présenter
honnêtement
ce que l'on sait
sans donner un
poids particulier
à la version
que défend
le Maréchal
Péan et les
stratèges
français,
qui est peut
être vraie,
peut être
fausse... En tous
cas on ne sait
rien de certain,
l'avocat de la
veuve du
Commandant de
bord
français de
l'avion du
président
Habyarimana,
à l'origine
de l'instruction
du juge
Bruguière,
ayant
déclaré
que
"l'évocation
du "rapport
Bruguière"
est un mensonge
éhonté
". (Voir Golias
N° 101)
Il apparait
d'ailleurs que des
français et
l'armée rwandaise
d'Habyarimana ont tout
fait pour brouiller
les pistes sur cet
attentat. C'est eux
qui avaient les
clés au moment
où il était
crucial de faire
l'enquête. Ils ne
l'ont pas fait, ou le
juge Bruguière
n'a pas jugé
utile de reprendre les
éléments de
leur enquête, mis
à part la
fumeuse histoire
des numéros de
missiles dont les
députés
français ont
montré le
caractère
très contestable,
parlant même de
"manipulation" à
leur encontre.
Sans se perdre dans
les innombrables
gesticulations de
l'officier de
gendarmerie Paul
Barril, relevons un
fait significatif. Le
témoin N°1
du juge
Bruguière,
(comme de Pierre
Péan, Charles
Onana et Stephen
Smith), Abdul
Ruzibiza, a
affirmé sur le
net depuis 2003, puis
devant le Tribunal
pénal
international pour le
Rwanda en mars 2006,
être co-auteur de
l'attentat, puisque
témoin oculaire
en tant que membre du
fameux ou fumeux
"network commando" et
plus
particulièrement
de l'équipe qui a
abbatu l'avion.
Ruzibiza aurait donc
contribué à
tuer les
Présidents de la
République du
Rwanda et du Burundi,
les autres passagers,
l'équipage
français de
l'avion et, selon
Péan, par voie de
conséquence
serait aussi
responsable de la mort
de millions d'autres.
Cet homme est
entré libre dans
le cabinet du juge
Bruguière, en est
ressorti libre.
Depuis que nous avons
avancé cet
argument en 2004, nous
avons appris fin 2006,
après
l'ordonnance du juge
Bruguière, que
Ruzibiza faisait
machine arrière
et ne prétendait
plus avoir fait partie
de l'équipe de
l'attentat, mais
seulement d'une
mission d'observation
au même endroit
le même jour et
qu'il aurait vu par
hasard le commando
opérer...
très fluctuant le
bonhomme !
De qui se moque-t-on
? On ne peut
soupçonner à
priori le juge
Bruguière
d'être membre du
"cabinet noir du FPR
en France". On a du
mal à imaginer
que Ruzibiza serait un
membre des services
français ayant
reçu l'ordre de
descendre l'avion
d'Habyarimana, que
sais-je encore ?
a-t-il cru à sa
version des faits ? Il
ne reste que
l'hypothèse de
blancs mensonges de
"blancs menteurs" pour
continuer de
défendre
l'inavouable.
Ressortant libre du
bureau du juge
Bruguière,
Ruzibiza est reparti
dans le nord de
l'Europe écrire
un livre, Rwanda
l'histoire
secrète,
flanqué d'une
préface et d'une
postface de deux
intellectuels de la
fonction publique
française et
publié, selon nos
informations, aux
éditions Panama
par une proche d'un
journaliste, ancien
grand argumen..teur...
du "mensonge
éhonté" dans
le journal Le Monde.
Ruzibiza se fait
l'apôtre du
double génocide,
bizarre et trop rare
pour un Rwandais qui
aurait perdu toute sa
famille dans le
génocide. D'aucun
disent que ce livre
serait en fait
écrit par les
services
français,
certaines fautes dans
des noms rwandais
renforceraient cette
hypothèse, et
surtout le style
utilisé.
Comme le dit le
professeur Guichaoua
dans sa postface,
quand il l'a
rencontré pour la
première fois, il
a compris que Ruzibiza
lui permettait de
mettre des noms sur
les personnages de ses
propres
enquêtes...
Est-ce un aveu ? Ne
s'agit-il pas plus
prosaïquement des
enquêtes des
gendarmes
français du
Centre de Recherche
Criminelle et de
Documentation du
Rwanda dirigés
par le colonel
Robardey de la
gendarmerie
française ? Et
puis on y retrouve
tellement de ficelles
de la propagande
française, comme
cette histoire de
commando FPR qui
aurait tiré toute
une nuit d'octobre
1990 dans Kigali sans
être
inquiété,
pour justifier
l'intervention
française. C'est
invraisemblable ! Il
faut vraiment
être crédule
pour gober cela.
Pierre Péan
affirme que les
députés
français n'ont
pas analysé
l'attentat dans leur
rapport
Dans notre page
l'attentat
du 6 avril
1994, nous
renvoyons depuis
longtemps vers le
rapport des
députés
français. Dans
sa version "PDF"
sur Internet,
à la page 224
commence le
chapitre IV de la
deuxième
partie du rapport
:
IV l'ATTENTAT DU 6
AVRIL 1994 CONTRE
l'AVION DU
PRÉSIDENT
JUVÉNAL
HABYARIMANA
...jusqu'à la
page 262. Soit 38
pages
exactement.
Nous renvoyons
également vers le
rapport belge qui
rapporte, entre autre,
les déclarations
de l'enquêteur de
l'ONU
Monsieur Degni-Segui
qui n'a pu obtenir de
l'armée
française les
résultats de son
enquête sur le
terrain.
Et pourtant Pierre
Péan écrit
sans vergogne page 238
de son livre à
propos de l'attentat :
"Quatre
enquêtes ou
missions
parlementaires sur les
événements
du Rwanda ont ainsi
soigneusement
évité de
s'intéresser de
près à
l'élément
déclencheur des
tueries : La mission
parlementaire
française, la
Commission du
Sénat
belge, ..."
Pierre Péan
est un menteur. Il ne
peut pas ignorer le
contenu des rapports
parlementaires belge
et français. Rien
que par ce mensonge
énorme, c'est
clairement un livre de
propagande pour
embrouiller les
esprits. C'est ce qui
s'appelle faire de
l'investigation !
Claudine Vidal, qui
n'aime pas le
"Cabinet
noir du FPR en
France", sans
doute parce
qu'il dérange
ses amis socialistes
compromis dans le
génocide, a
écrit à ce
sujet dans Le monde du
9 décembre 2005,
sous le titre
"Un
livre important et
contestable" :
" Le livre de
Pierre Péan sur
le Rwanda fourmille
d'erreurs,
d'approximations. Pour
n'en citer
qu'une : affirmer
que la mission
d'information
parlementaire
française a
"oublié" de
s'intéresser
à l'attentat du 6
avril 1994
perpétré
contre l'avion du
président
rwandais, c'est
révéler
qu'il n'a pas lu le
rapport de la mission
dont un chapitre est
précisément
consacré à
une enquête
minutieuse sur
l'attentat. Il
s'inscrit sans nuance
dans une vision
ethniciste très
largement
partagée :
la certitude qui fait
nécessairement
dépendre les
conflits politiques
africains des
identités
communautaires,
ethniques, voire
raciales. [...]"
Elle est trop
gentille,
Péan se
serait seulement
trompé !
Il
faudrait savoir
balayer devant
notre porte
Paul Kagame est
dépeint comme le
président en
exercice le plus
criminel de la
planète. Nous ne
le connaissons
qu'à travers les
médias. Mais face
aux crimes
néocoloniaux des
Présidents
français de la
cinquième
République, et
leurs centaines de
milliers de victimes
africaines, le
Président Paul
Kagame ne nous
apparait pas plus
criminel qu'eux. Il a
simplement le plus
grand tort de ne pas
se soumettre à la
Françafrique pour
qu'elle le
présente comme
plus criminel que
Bongo, Deby, Eyadema
ou Sassou N'guesso et,
même, que de
Gaulle et Mitterrand.
(Cameroun,
Algérie, etc...).
Il semble pourtant
avoir plus le sens de
l'État que les
fantoches mis en place
par Paris, même
si l'État
rwandais pourrait
s'avérer aussi
criminel que
l'État
français, si des
enquêtes
internationales
étaient faites.
Les enquêtes
actuelles sont trop
incomplètes, et
parfois trop partiales
comme celle de
Péan, pour
arrêter des
jugements
définitifs et
graves. Les
fonctionnaires
rwandais sont
payés. 49 % des
députés sont
des femmes, ce qui est
une forme de
démocratie
ignorée chez
nous, le Rwanda a
retrouvé une
légitimité
incontestable au plan
continental (Banque
Africaine de
développement,
Union Africaine,
Charte internationale
des femmes, etc.).
Mais bien sûr
d'autres faits
viennent ternir ce
tableau que nous avons
analysé en posant
la
question de la
démocratie au
Rwanda ainsi
que ce que nous
appelons les
n½uds de
violences au
Rwanda... qui sont
loin d'être
imputables au seul
régime actuel,
mais dont il ne
saurait être
exonéré.
Le dernier ambassadeur
de France au Rwanda,
avant la rupture
diplomatique, aimait
affirmer aux Rwandais
qu'une maison sale
doit être
balayée. Il a
posé une plaque
sur l'ambassade de
France à Kigali
en mémoire des
employés Tutsi de
l'ambassade, pour
lesquels il a
demandé pardon
aux Rwandais de les
avoir abandonnés
aux tueurs, lors de
l'opération
Amaryllis dirigée
par le
général
Poncet en avril 1994.
Et les autres victimes
Rwandaises ?
Que dire des quelques
400 assassinats
politiques commis sur
les trottoirs de
Paris, depuis quatre
ou cinq
décennies, contre
des personnalités
ou simples
immigrés souvent
africains et souvent
mal vus des services
français ? S'ils
étaient vraiment
des démocrates,
Mr Sarkozy et ses
prédécesseurs
auraient du nous
pondre une police de
protection des
opposants africains en
France au lieu de les
traquer ! Aucune
politique ne justifie
la mort d'un seul
homme. Nous
n'acceptons pas plus
les crimes rwandais
que les crimes
français ou
américains. Nous
ne défendrons pas
les crimes des
régimes rwandais
ou de leurs voisins,
mais nous
défendrons
l'esprit de justice et
d'équité
entre les États,
qu'ils soient
occidentaux ou
africains.
Un seul
génocide au
Rwanda
Selon un témoin,
cité par
Péan sans
analyse, parmi les "7
millions de morts"
depuis douze ans dans
l'Afrique des Grands
lacs serait noyé
l'expression d'un
contre génocide.
N'oublions pas que les
conflits au
Zaïre/Congo
depuis dix ans ont
impliqué
directement une
dizaine de pays, sans
parler de leurs
alliés
internationaux. On a
parlé de guerre
continentale. Vouloir
attribuer les 3 à
5 millions de morts
(fourchette couramment
admise) au seul Rwanda
(quatre-vingt-dix fois
plus petit que le
Congo RDC) est
incontestablement une
grossière
exagération.
Souvenons-nous que si
la deuxième
guerre mondiale a fait
50 millions de morts,
victimes des bombes
nazies et
alliées, seules 6
millions de personnes
ont été
jugées victimes
du génocide nazi.
Il en est de même
au Rwanda. Ce n'est
pas le nombre de morts
qui fait un
génocide, mais
avant tout le mobile
du crime et des
décisions de
justice qui le
qualifient. Le
Tribunal Pénal
International pour le
Rwanda a confirmé
dès ses premiers
jugements le crime de
génocide des
Tutsi.
En outre, la revue
médicale
britannique "Lancet"
annonce les
conclusions d'une
enquête selon
laquelle de 1998
à 2004 la RDC a
connu environ 4
millions de morts dus
à des maladies
bénignes,
conséquence de
l'état de guerre
en RDC, et non pas de
la volonté
sanguinaire de Kagame
comme l'affirme
Péan. Cela
renforce notre
sentiment qu'il y a
instrumentalisation
des problèmes
congolais par
Péan à des
fins de propagande.
Il est très
instructif de relire
"Rwanda - Histoire
d'un génocide" de
Gérard Prunier,
qui fût
conseiller du ministre
français de la
Défense,
François
Léotard, pendant
le génocide. Il
observe que par
exemple dans les camps
de réfugiés
de Tanzanie,
peuplés de trois
cent mille Hutu fuyant
le FPR, on a
dénombré que
4 ou 5 blessés
par balle. Ce qui
selon les observateurs
de ces camps
relativisait
sérieusement les
accusations de
massacres
perpétrés
par le FPR. Plus tard
pendant et après
le génocide,
Gérard Prunier
estime que, s'ils
craignaient le FPR,
ces Hutu en fuite,
c'est parce qu'en fait
beaucoup d'entre eux
s'étaient
compromis dans le
génocide.
Leurs accusations
auraient été
le reflet de leurs
mauvaise conscience.
Les rescapés
Tutsi de
l'intérieur du
Rwanda par contre,
dont il ne reste que
10 % du groupe,
étaient souvent
blessés, avec de
sales blessures. A
l'ouest, les
conditions sanitaires
des camps du
Zaïre ont par
contre étaient
décimés par
une catastrophe
sanitaire que les
soldats de Turquoise
ont du prendre
courageusement à
bras le corps, mais
qui a été
beaucoup plus
médiatisée
que le génocide
lui-même et l'a
occulté,
détournant la
compassion
internationale au
profit des camps
où se cachaient
les tueurs. Patrick
Poivre d'Arvor dit
implicitement la
même chose quand
il exprime son grand
regret de n'avoir pas
pu montrer plus
d'images du
génocide car il
n'en avait pas assez.
Et pour cause, tout le
monde fuyait le
génocide, sauf
les tueurs, des
éléments de
la Minuar et quelques
rares journalistes et
humanitaires.
C'est une constante de
la "diplomatie
d'influence"
française que de
se livrer à ce
genre
d'instrumentalisation
en Afrique, relire la
Françafrique
et Noir
silence. Les
autorités
françaises
essayent
désespérément
de faire croire à
un double
génocide que les
députés
français ont
ignoré sans
ambigüité
dans leur rapport de
1998. Cette histoire
de double
génocide est bien
une histoire de
"blancs menteurs..."
encore, et de "noires
fureurs".
Des
accusations de
prostitution
Les français
ayant épousé
des "femmes Tutsies",
dirigées "vers
les lits
appropriés" de
membres d'ONG, dont je
suis, apprendront sous
la plume de Péan
que leur épouse
utiliserait donc le
lit conjugal pour
½uvrer pour la
cause Tutsi. Une
accusation de
prostitution en
d'autres termes. Un
refrain du diplomate
Jacques-Roger Booh
Booh, camerounais
coquin de la France,
qui charge aussi de
cela le
général
Dallaire, responsable
opérationnel de
la force de l'ONU au
Rwanda.
C'était la
méthode
déjà
utilisée contre
lui dans les tracts
des milices
Interahamwe au moment
du génocide. Ce
serait risible si cela
ne rejoignait trop
l'idéologie des
génocidaires :
l'attaque triviale
contre la dignité
des personnes dans le
but de préparer
moralement au
génocide. Voir
à ce sujet
les dix commandements
du Hutu et l'avant
dernière ligne de
la définition de
l'ennemi.
Péan ne rejette
pas les
références
le plus abjectes, pire
il les utilise et les
prolonge.
Le bon sens voudrait
que l'on
considère que les
Français ayant
épousé une
"femme Tutsi"
devraient avoir
certainement une
meilleure connaissance
des Rwandais que
certains
imbéciles de la
DGSE. Péan se
fait leur
porte-insultes, en
propageant ce genre de
stupidités
morales, en
écholalie avec
les génocidaires
rwandais, qui eux en
ont fait un crime
contre
l'humanité. Pour
tous ces
imbéciles, blancs
ou noirs, les
Rwandaises n'ont pas
encore assez subi avec
le génocide. Ils
viennent les insulter
dans leur vie
personnelle qu'elles
reconstruisent
courageusement.
Tous ceux qui ont une
femme française
défendent-ils les
crimes de la France
envers et contre tout
parce que leur femme
est française ?
C'est pourtant bien de
ce niveau qu'est
l'accusation contre
les Français qui
ont une femme
rwandaise !
Le
lama des R.G.
Comme le dit Odile
Byidi-Awala,
présidente de
Survie, dans
l'éditorial
de Billets
d'Afrique de
janvier 2006,
Péan "crache"
sur François-Xavier
Verschave
ancien
président de
Survie
décédé
en juin 2005. Il en
fait un portrait
haineux. Il crache
comme le lama de
Hergé dans
Tintin.
Il crache aussi sur
son
prédécesseur
à Survie, Jean
Carbonare, vieux
militant très
respectable qui
franchira bientôt
le cap des quatre
vingt ans. Jean
Carbonare est
accusé d'avoir
menti dans sa
manière
d'annoncer le
génocide au
Rwanda, un an avant
à la
télévision
française, au
journal de vingt
heures. Pourtant il a
eu raison, le
génocide a bien
eu lieu...
Son tort, ses
"fables", devant ce
"Maréchalama"
Péan est d'avoir
prévenu les
Français, les
autorités
françaises et en
particulier la cellule
africaine de
l'Élysée.
Les autorités
françaises,
étant
médiatiquement au
courant de l'intention
génocidaire du
régime rwandais
qu'elles soutenaient,
sont de ce fait,
médiatiquement,
complices de
génocide.
Elles risquent
aujourd'hui de
l'être aussi
juridiquement devant
les lois
françaises et
internationales.
Péan le sait. Il
essaye de nous faire
croire à un
complot international
contre la France,
parce que Jean
Carbonare aurait eu un
ami Tutsi et
protestant proche/ou
du FPR. Il vient
là essayer de
discréditer ceux
qui ont voulu
prévenir la grave
dérive
française.
Les
fables calomnieuses de
Péan sur Jean
Carbonare
Pierre Péan tente
de dénigrer
Survie, et donc "ses
témoins" et la
CEC, notamment à
travers les propos de
Jean Carbonare,
président de
Survie jusqu'en 1994.
On lui reproche
d'avoir affirmé
dans le Nouvel
observateur en
août 1994 qu'il
aurait
"vu" les
militaires
français dans des
camps militaires du
Nord-ouest où
s'étaient
précisément
passé les
massacres Bagogwe,
alors qu'il avait
seulement des
informations qu'il
jugeait très
sûres par leur
source. Ces
informations ont
été
confirmées par la
suite notamment par le
Général
français Jean
Varret lors de son
audition en 1998
devant les
députés
français:
"En
revanche, les DAMI
[ndlr à partir de
mars 1991] ont
assuré la
formation de
bataillons complets de
façon
décentralisée
en dehors de la
capitale. En pratique,
les personnels DAMI
vivaient dans des
camps
d’instruction
militaire avec leurs
élèves
". Pierre Péan
traite Jean Carbonare
douze ans après
d'affabulateur. Mais
il suffit de regarder
la vidéo de son
interview de janvier
1993 pour comprendre
quelle mesquinerie
inspire ceux qui
mènent ce combat
pour tenter de
relativiser
l'implication de la
France, alors que Jean
Carbonare est l'un des
rares français
à avoir
tenté de ramener
à la raison la
politique de la
France, quand il
était encore
temps.
Jean Carbonare
maintient dans un
courrier envoyé
à ses amis qu'il
a bien été
un mois dans le
quartier des
condamnés à
mort d'un camp
allemand, son
rôle initial et
discret dans les
accords d'Evian, et
dément de la
même manière
toutes les accusations
de Péan. Jean
Carbonare a
invité Pierre
Péan à
poursuivre son
investigation
complètement et
à venir consulter
les preuves
écrites de ce
qu'il dit chez son
avocat. Ce que
Péan n'a pas
encore fait à ma
connaissance.
Jean Carbonare a
passé toute sa
vie à conduire
des projets de
développement
d'une certaine
envergure en Afrique.
Chrétien
engagé il a
estimé
conséquent de
mettre ensuite ses
compétences au
service du peuple
rwandais après le
génocide pour
reconstruire le pays.
Jean Carbonare n'a
jamais été
conseiller du
Président de la
République
rwandaise comme
l'affirme Péan.
Pasteur Bizimungu, en
prison actuellement au
Rwanda
(libéré en
avril 2007), lui avait
demandé
d'½uvrer à
la réconciliation
des Rwandais. Jean
Carbonare a
refusé au bout de
trois semaines
d'enquête : il
avait estimé
modestement qu'il
n'était pas en
mesure de travailler
à cette
réconciliation.
Il a ensuite
été
invité à
mener un projet de
développement de
logements pour les
veuves du
génocide. Ce
qu'il a accepté.
Pierre Péan
exagère de
façon
exponentielle le
rôle de Jean
Carbonare sur le cour
des choses au Rwanda
en en faisant une
sorte de James Bond
version ONG
française, alors
qu'il aurait
été le plus
fier des hommes s'il
avait seulement
réussi, un an
avant le
génocide, à
faire comprendre aux
autorités
françaises qu'il
fallait changer de
route au Rwanda.
Péan déforme
comme un vieux miroir
métallique tout
tordu.
Jean Carbonare ne
portera pas plainte
contre Péan. Pour
lui c'est de
l'énergie
inutilement
gaspillée et
Péan aurait
été
aveuglé par son
parti pris. C'est sans
doute une forme de
sagesse de sa part, et
de relativisation des
faits. On a écrit
du mal de lui, et
alors ? Cela l'a bien
sûr blessé
mais ce n'est pas la
fin du monde !
Mais pour ma part je
pense que Péan a
délibérément
et intentionnellement
menti sur Carbonare.
"Les fables de
Carbonare" ne sont que
les fables de
Péan engagé
dans une guerre
d'information
malhonnête et
tout à fait
injuste. Ces fables
sont destinées
naturellement à
réduire
l'influence que Survie
a acquise sur la
question de
l'implication de la
France dans le
génocide des
Tutsi en particulier
et sur celle de la
Françafrique en
général.
Instigateur
d'une méfiance
entre Protestants et
Catholiques
Enfin Péan accuse
Jean Carbonare d'avoir
entrainé le
protestantisme
français dans le
camp de l'anti-France,
et fait dans d'autres
pages des clins
d'½il
manipulateurs aux
catholiques, essayant
de lever une guerre de
religion à propos
du Rwanda... "Engeance
de vipères" !
Des pasteurs
protestants, comme des
prêtres
catholiques, ont
été
jugés auteurs
d'actes de
génocide au
Rwanda. C'est un
problème des
chrétiens dans
leur ensemble.
L'idéologie
génocidaire au
Rwanda a traversé
toutes les
Églises. Toutes
n'ont pas la même
attitude ensuite. Le
Vatican est
effectivement l'objet
d'accusations pour son
attitude globale
à l'égard du
génocide au
Rwanda, analogues
parfois à celles
qui ont été
portées contre
elle à la suite
de la Shoah. Mais
"l'hommage au courage"
d'African Rights, (qui
fait partie des
menteurs selon
Péan), est un
document qui souligne
celui de plusieurs
prêtres et
religieuses qui ont
risqué leur vie
pour sauver des Tutsi.
Un
livre puant qui
distille l'odeur
des
procédés
éhontés,
voire staliniens,
d'une police
politique
Je ne m'étends
pas sur toutes les
personnalités des
médias, du CNRS,
des ONG qui sont
"descendues" par
Péan. Voir les
autres textes
ci-dessous. Le lama
Péan s'est bien
gardé d'aller
vérifier ses
informations
auprès de Jean
Carbonare, car il
aurait eu tous les
documents qu'il lui a
signifié tenir
à sa disposition,
mais qu'il refuse
ouvertement de
consulter. Il ne
cherche pas la
vérité, il
piège, il
exécute. Dans ce
livre, il est
abondamment
malhonnête et
lâche.
C'est une France sale
qui déglutit des
paroles avilissantes,
d'une voix doucereuse
de sainte-n'y-touche,
sur les micros
béants de
directeurs de
chaînes sans
honneur et sans
jugeote. Ça
suinte la France des
barbouzes du noyautage
de la démocratie,
qui singent le sage et
font le sincère.
Péan vient
là en
négationniste, au
secours des
négationnistes.
C'est du sale boulot.
Péan est à
l'image du titre de
son livre : un "blanc
menteur". Il ne
respecte rien. Il
défend des
intérêts
indéfendables, il
ne montre là
aucune morale... Et
puis dans ces
émissions
amorales, à
l'oral, il est
médiocre et mal
à l'aise,
hésitant.
Esquissant de petits
sourires de nonnes aux
yeux anxieux, il a du
mal à cacher
qu'il ne connait
probablement du Rwanda
que les notes
confidentielles de
commanditaires
inavouables, le style
des notes de la DGSE,
bref les "photos
fichées " de ceux
qu'il devait
démolir. Le
comble est de traiter
de menteurs ceux qui
connaissent vraiment
le Rwanda, et dont
certains depuis
longtemps au plan
professionnel ou
personnel. Les traiter
de menteurs est une
vaste fumisterie qui
ne peut convaincre que
les néophytes du
Rwanda ou ceux qui
s'accrochent aux
branches. C'est
pathétique, la
France des
"élites" en est
là, crispée
dans la bêtise du
mensonge et de la
malhonnêteté
intellectuelle.
Radio
France
International
accusée
d'être
manipulée par
le FPR
RFI est accusé
par Pierre Péan
d'être
noyauté par des
agents du FPR (deux
journalistes d'origine
Tustsi et deux autres
gagnés à
leur cause). RFI a
lancé une
enquête sans
précédent
qui a produit, un an
plus tard, un
document de 700 pages
qui "balaye les doutes
de Péan".
L'accusation de
Noires
fureurs blancs
menteurs
s'avère nettement
sans fondement. Lire
l'article de
Christophe Ayad dans
Le Quotidien du
3 novembre 2006.
Ce document de RFI est
certainement très
instructif à
consulter comme
référence
sur
le génocide
au Rwanda. Merci
Péan !
On voit bien que le
sens de ces
péaneries
se confirme : jeter le
trouble sur des faits
qui s'établissent
petit à petit,
tenter d'enrayer la
montée
irrésistible de
vérités
longtemps
étouffées,
et auxquelles
l'association Survie a
beaucoup
contribué.
Le "cabinet
noir du FPR en France"
...
Les pleurs et
colères du "grand
journaliste Péan"
et de ses amis
français pour
dire, en pleine
instruction
judiciaire, que ce ne
sont pas eux les
complices des
criminels, mais au
contraire les victimes
du génocide
eux-mêmes, qu'il
amalgame au Front
Patriotique Rwandais
tout au long de ce
livre, sont d'un tel
ridicule que nous
serions accusés
d'être des
criminels si le
ridicule tuait ! Soit
dit en passant
"être du FPR" au
Rwanda veut plus
souvent dire être
sympathisant du FPR,
"pour le FPR", que
réellement membre
du FPR. A chacun son
"axe du mal".
Pour notre part son
essai ne nous apprend
absolument rien, si ce
n'est sa capacité
de "mentir vrai". Si
l'association Survie,
qualifiée de
"cabinet noir du FPR
en France" était
une
Citroën 2 CV,
il arriverait à
nous faire croire que
c'est en fait une
Volkswagen, en faisant
remarquer qu'elle a
d'ailleurs quatre
roues, fournie par
l'Allemagne
hitlérienne...
dont la carrosserie a
été
modifiée par le
FPR, parce qu'on y a
retrouvé un
exemplaire du Figaro
du
4 juillet 1994.
Et trois pages plus
loin ce serait la
Citroën C4
de la publicité
qui se transforme en
un robot
gigantesque...
manipulé par les
services
américains pour
détruire
"l'honneur
français". Les
pièces visibles
sont parfois vraies,
mais en-machinées
de pièces
bricolées, et la
structure, ses
articulations et
l'interprétation
sont fausses. Que des
conneries pour
psychopathes des
complots de
"l'anti-France", en
mal d'os à
ronger.
Nous pouvons
d'ailleurs
témoigner, que la
réputation de
"journaliste
d'investigation" de
Pierre Péan est
largement
usurpée,
puisqu'il n'a pas
rencontré dans
son "enquête" un
seul militant ou
dirigeant de Survie...
pour se croire
autorisé d'en
parler au long d'au
moins trois à
quatre chapitres et de
nombreux interviews
dans la presse. Il ne
nous a jamais
rencontrés pas
plus qu'il n'est
allé au Rwanda.
Plutôt léger
ce discours en chambre
!
...contre
la poubelle blanchie
de la politique
française
Nous accuser de
mensonges lui permet
entre autres d'essayer
de faire oublier que
la France a voté
avec les USA la
réduction des
effectifs de la Minuar
de 2500 à 270
membres le
21 avril 1994
à l'ONU alors que
la dimension
génocidaire des
massacres
n'échappait
à personne, au
moins sous la forme
interrogative. Mais
cela n'empêche
pas le ridicule de
Monsieur Quilès,
Monsieur Balladur, le
général
Lafourcade et le
Colonel Hogard, suivis
lourdement par
Péan et d'autres,
qui martèlent
hypocritement que
l'ONU a été
lâche de diminuer
les forces de la
communauté
internationale au
Rwanda.
Qui manipule
qui ? Où est
"l'honneur
français" ? Des
larmes de crocodiles,
des larmes de
menteurs. Les
militaires doivent
endosser cette
hypocrisie politique,
eux qui sont toujours
prêts à
couvrir les viols de
leurs subordonnés
et leurs assassinats
sur ordre en Afrique
pour "l'honneur de la
France". J'en ai assez
de cette France
politique
médiocre et
irresponsable qui
n'assume même pas
ses votes à l'ONU
et couvre les pires
bassesses de certains
militaires et de
certains membres de
ses "services" !
D'après ceux qui
ont lu un livre
précédent de
Pierre Péan,
"une jeunesse
française",
il semble qu'il
l'aurait publié
pour étouffer
l'impact d'un autre
bouquin, autrement
plus difficile pour
François
Mitterrand, "La
main droite de
Dieu". De la
même manière
on pourrait
s'interroger sur son
bouquin de 2003 avec
Cohen, "La Face
cachée du Monde :
Du contre-pouvoir aux
abus de pouvoir".
Il reprend une partie
du titre du livre de
Jean Paul Gouteux
:"Le Monde un
contre pouvoir ?",
paru en 1999 qui met
en lumière les
manipulations du
quotidien dans le
génocide des
Tutsi. (Le Monde a
perdu trois fois ses
procès contre
Jean Paul-Gouteux
à propos de son
livre "Un
génocide secret
d'État"). La
encore même
technique. Avec
"Noires fureurs,
blancs menteurs"
Pierre Péan est
donc fidèle
à lui-même
mais il aurait
changé de
technique : au lieu
d'aller apparemment
dans le même sens
pour capter la
contestation sur le
Rwanda ou le
passé de
Mitterrand et la
dévier du
problème, il
aurait carrément
et
outrancièrement
contre-attaqué
Survie, tout en
réutilisant
l'inspiration des
titres de Survie,
Noir silence, Noir
Chirac, les dossiers
noirs, etc.. Un
journaliste
indépendant ou un
soldat apparemment
solitaire ? En tous
cas un complice en col
roulé noir de
crimes en col blancs.
S'il y en a qui
croient encore que
Pierre Péan est
un journaliste
indépendant lisez
ceci :
On y retrouve les
feintes, feintes, de
la
spontanéité
dégrossie d'une
communication
savamment
organisée, avec
encore un solide
battage
médiatique.
Payé par qui
?
Pierre Péan
confirme qu'il est sur
tous les fronts des
leaders de la
Françafrique et
par conséquent
celui des chefs
d'État
français. Il
pourra trouver moult
arguments
généraux,
que cela fait partie
de son domaine normal
de journaliste
politique, pour
affirmer que nous
fabulons. Mais selon
toute vraisemblance,
son travail,
officieux, depuis
plusieurs années
consiste à
baliser, à
cerner, à
endiguer les
curiosités des
citoyens en leur
donnant l'impression
de leur
révéler des
informations
inédites, qui
proviennent toutes des
services
français. Il ne
fait pas
d'investigation comme
il le dit,
il ponce au
papier "verreux" la
vérité des
services français
et il la met en forme
au service d'une
guerre psychologique
des politiques
secrètes de
l'Élysée
contre la
démocratie
française.
Je ne serais pas
surpris si on nous
révélait un
jour qu'il écrit
au service de la DGSE,
voire qu'il en est un
officier des services
de communication,
comme d'autres "grands
journalistes" de notre
"grande presse
nationale".
Lisez donc aussi
"Noir Chirac" de
François Xavier
Verschave (Les
arènes)...
"Les
Français ne
tenaient pas les
machettes"...
On pourra m'amener
tous les Péan du
monde, ils ne me
feront pas avaler que
la France "devait"
soutenir les
génocidaires
parce qu'il fallait
d'abord lutter contre
le FPR, composé
pourtant de Rwandais,
qui aurait
été un
danger plus grand.
Cette résistance
a accru l'ampleur de
la tragédie. On a
contribué aux
morts d'une guerre, et
contribué
indirectement à
l'augmentation du
nombre de victimes
d'un génocide...
pour rien, c'est un
échec total qui
plus est. Les quelques
quinze mille Tutsi
heureusement
sauvés par la
France sont des alibis
au pire de pyromanes
et au mieux
d'irresponsables. Elle
aurait pu en sauver
trente fois plus, si
elle avait mené
une autre politique
dès 1991. Les
militaires
français savaient
déjà le but
que poursuivaient
leurs collègues
rwandais.
Selon le rapport des
députés
français, en
novembre 1990,
le Général
Varret a entendu du
chef d'État major
de la gendarmerie
rwandaise, à
propos des Tutsi, :
"Ils sont très
peu nombreux nous
allons les liquider".
Cinq mois plus tard,
avril 91,
protégée au
sein d'une
délégation
de coopérants
canadiens, mon
épouse passait un
barrage militaire tenu
par des Français
et des Rwandais
entourés de
miliciens. On y
faisait des
contrôles
ethniques. Elle a vu
un Rwandais se faire
sortir d'une voiture
par un français,
être remis à
un soldat Rwandais qui
l'a remis à la
milice et fut
"machetté"
aussitôt. Elle en
a témoigné
publiquement devant la
Commission
d'enquête
citoyenne.
Déjà, comme
dans le livre de
Péan, les civils
Tutsi étaient
assimilés à
des ennemis de la
France.
"Les Français ne
tenaient pas les
machettes"... mais un
gendarme du GIGN,
témoin direct
également, a
confirmé qu'ils
ont formé des
miliciens dès
1992. A la fin du
génocide, pendant
l'opération
Turquoise, Patrick de
Saint-Exupéry du
journal le Figaro et
d'autres journalistes
(Match, l'Express,
Times, New York Times,
etc..), témoins
directs, ont vu que
les soldats
français ont
donné à
manger aux miliciens,
s'en sont servi comme
guide, leur ont
redonné le
moral... et surtout
les autorités
françaises ont
soutenu,
militairement,
diplomatiquement et
financièrement,
jusqu'à sa chute,
malgré l'embargo
de l'ONU voté par
la France, le
régime qui les a
préparés
puis exhortés
à accomplir le
génocide. Une
vraie complicité.
On nous ressasse les
négociations
d'Arusha (1-2-3 ou 4
souligne doctement
Monsieur Balladur),
mais on ne
prépare pas la
Paix en armant et
entrainant une
armée et des
miliciens, et en
faisant des
contrôles
d'identités
ethniques.
Arrêtons de
dérailler et de
faire les Tartuffe. Le
gouvernement de la
France a voulu jouer
tous les rôles de
la guerre et de la
paix au Rwanda. Il
doit endosser tous les
crimes sur lesquels il
a fermé les yeux,
s'il n'y a pas
même parfois
directement
contribué. Cette
dernière
hypothèse est une
question à
laquelle la justice
française,
subordonnée
à la justice
internationale en ce
domaine, devrait
répondre à
la suite des
premières
plaintes
déposées par
des Rwandais.
La France au
Rwanda confirme une
profonde crise de
l'intelligence à
la française
Je vous invite
maintenant à vous
détacher de la
seule ornière des
péaneries pour
regarder la route.
Plus profondément
à l'heure où
l'on construit une
image d'Épinal de
François
Mitterrand,
narcissique comme
celle de de Gaulle ou
de Napoléon, en
sélectionnant des
faits gratifiants,
certes réels mais
en occultant d'autres,
on peut se poser
sérieusement la
question de la
compétence des
dirigeants
français sur
l'Afrique. Il faut
s'interroger sur leur
incapacité à
en saisir les
réalités et
à y mener une
stratégie
intelligente, moins
simplificatrice et
désastreuse que
celle de
l'ethnisme ou de
la France investie
d'une mission en
Afrique ou du maintien
de la présence
française dans la
francophonie contre
l'influence
anglosaxone. Ce
simplisme est
probablement lié
à des
intérêts
inavouables mais que
l'on s'autorise
par une forme de
racisme latent qui
voudrait que tout ce
qui relève des
cultures africaines
serait simple et
binaire, attardé,
voire naïf. Si
des africains font
preuve d'intelligence
et disent des
vérités
difficiles à
entendre, ce seraient
des menteurs et les
"Tutsi" des
"super-menteurs".
Dans ce registre
narcissique des graves
"erreurs
d'appréciations"
de nos dirigeants, un
livre paru en mars
1995, un an après
le génocide au
Rwanda, devrait
être pris un peu
plus en
considération.
Dans ce texte,
édité chez
Interédition,
La crise de
l'intelligence, essai
sur l'impuissance des
élites à se
réformer,
Michel Crozier ne dit
pas un mot du Rwanda.
Pourtant les
défaillances
qu'il signale dans le
dysfonctionnement
intellectuel de nos
dirigeants, du public
comme du privé,
peut pleinement
s'appliquer à
leurs analyses du
Rwanda et à leurs
décisions de 1990
à aujourd'hui,
indépendamment de
l'éventualité
d'une intention
malveillante.
Il n'est pas toujours
pertinent de
mélanger les
problèmes. Mais
il peut être
enrichissant et
productif de faire des
rapprochements et
d'établir des
relations.
De ce point de vue,
sans bien sûr
vouloir minimiser la
dimension du
génocide des
Tutsi et l'implication
de la France dans ce
génocide, la
dérive du
procès d'Outreau
et plus récemment
le psychodrame du CPE,
si unanimement
contestés, me
semblent aussi relever
de cette crise de
l'intelligence à
la française au
même titre que la
dérive
française au
Rwanda. De Kigali
à Outreau-CPE, il
n'y a qu'une
différence
d'échelle, une
petite réplique,
après le
séisme
extrême et
lointain du Rwanda,
dans le
dysfonctionnement
collectif de
l'intelligence
française. Nous
ne manquerons pas de
souligner aussi
l'affaire Clearstream
manipulée par un
super-polytechnicien
réputé hyper
doué - faut-y
être bête ?
- un stratège
hors pair, "L'homme
est "brillantissime",
"exceptionnel",
"fulgurant",
"vertigineux"?" -
on a vu l'impasse
stratégique
à laquelle EADS
Airbus, dont il
était
vice-président,
s'est trouvée
confrontée
quelques semaines plus
tard, ne pouvant pas
livrer dans les temps
les avions
commandés et
obligeant le
président à
démissionner pour
avoir pris ses
intérêts
avant d'annoncer le
fiasco !
Le bouquin de Crozier
n'est pas
obsolète.
Peut-t-on encore
chipoter des
"responsables mais pas
coupables", comme pour
le "sang
contaminé" ou
prétendre
être
protégés des
radiations de
Tchernobyl par nos
lignes Maginot (voir
les suites judiciaires
en 2006) ?
Les crimes des
autorités
françaises,
coloniaux et
néocoloniaux,
sont-ils sans lien
avec les
problèmes des
banlieues ? Rien ne
s'oublie, même
dans les mémoires
enfouies des peuples.
Même si les mots
conscients ne sont pas
transmis, des
comportements,
apparemment
incompréhensibles,
peuvent l'être
quand même.
Oui, la France au
Rwanda complète
gravement le tableau
et souligne bien une
crise très
profonde de la culture
française, des
politiques africaines
qu'elle
génère, et
son inadaptation grave
à la construction
de la démocratie
mondiale. Oui la
France au Rwanda
montre ce que peut
engendrer
l'incompétence de
nos élites quand
elles se croient
compétentes et
sûres de leur
"intime conviction".
Oui la France au
Rwanda montre le
danger de maintenir
une clique de
hauts-fonctionnaires
civils et militaires,
inamovibles et
bornés, mais
diplômés
intelligents et
tamponnés
"défenseurs de
l'intérêt
général" et
"article 4 de la loi
néo-colonialiste
du 23 février
2005". Ils noyautent
l'information de
l'Élysée, de
Matignon, comme de
l'Assemblée
nationale, les grandes
administrations, tous
les centres de
décisions, y
compris les directions
de parti de
gouvernement, les
médias. Ils
mènent une guerre
d'influence à
l'aide de
falsificateurs de
faits historiques ou
scientifiques et
autres manipulateurs
de l'opinion...
payés avec nos
impôts.
Pour se rassurer on
aboiera à la
"théorie du
complot" et à
"l'auto-flagellation",
alors qu'il s'agit de
l'état lamentable
et criminel du
gouvernement de la
France, ruban bleu ou
ruban rose, donneur de
leçons à
l'intérieur comme
à
l'extérieur, qui
relève au mieux
de la théorie de
Pavlov.
Français
réveillons-nous
!
Aucun papier dans les
urnes pour cette
"racaille". Ils
doivent être
reconduits à
leurs frontières
narcissiques, en
eux-mêmes aux
portes de la
République, "sans
papiers" pour
l'exercice des
responsabilités
dans notre
démocratie. NON
à la
négation de la
complicité de la
France dans le
génocide des
Tutsi. Ce critère
sera pour moi
essentiel dans mon
vote aux prochaines
présidentielles.
Je ne voterai pas pour
un candidat qui ne se
sera pas prononcé
clairement sur cette
question essentielle.
Emmanuel Cattier,
époux d'une
"femme Tutsi"
Ma
lettre ouverte au
Président de la
République et aux
citoyens français
et
européens
27 avril 2004
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