Survie en Alsace

Rwanda - attentat du 6 avril 1994

Le 6 avril 1994, le Président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira, et le Président de l'Ouganda, Museveni, se rendent à Dar Es Salaam, en Tanzanie pour une rencontre régionale entre chefs d'Etats à propos des conflits régionaux. Le président du Zaïre, Mobutu, refusera au dernier moment de s'y rendre. Le chefs d'état major de l'armée rwandaise et divers conseillers sont aussi présents.

En fin de journée, le Président rwandais et son chef d'état major rentrent à Kigali à bord de son avion personnel, un Mystère Falcon 50 fourni par la France et piloté par un équipage français. Le Président du Burundi l'accompagne. 

L'avion se présente vers 20 h 25 dans l'axe est-ouest de la piste de l'aéroport de Kigali. Dans la phase d'atterrissage, l'avion explose en vol au dessus de Kigali. Il n'y a aucun survivant.

Jusque 2009, plusieurs versions s'opposaient sur le lieu du tir, le lieu du crash, les armes employées et surtout l'identité des tireurs. Y a-t-il eu plusieurs lieux de tir et plusieurs types d'armes employées, ce qui expliquerait la diversité des versions ?

En décembre 2009, le journaliste Mehdi Ba et la revue Continental publient un dossier, après avoir consulté le rapport rwandais sur l'attentat désormais publié depuis janvier 2010. Ce rapport relate les témoignages de plusieurs centaines de membres des forces amées rwandaises de 1994 et plusieurs militaires belges des nations-unies, recoupés par une étude balistique d'experts britaniques de l'académie militaire du Royaume-Uni, qui montrent que les tirs ont été effectués depuis la zone du camp militaire de Kanombe,  c'est à dire par l'armée nationale rwandaise contre son propre président. Il ne manque que des pièces à conviction... qui sont vraisemblablement détenues actuellement par l'armée française.

Les personnes auteurs de l'attentat ne sont toujours pas formellement identifiées, ni le type de missiles, et l'organisation en amont de l'attentat reste peu documentée. Plusieurs pistes restent ouvertes et le rôle de la France, et en tous cas de français, dans cette affaire demeure egnigmatique. L'obstination systématique de français, visiblement liés aux responsables militaires et politiques de l'époque, voire eux-même, à vouloir imposer une version sans apporter de preuves ou même seulement des témoignages qui sembleraient fiables, laisse une impression qui éveille les soupçons. Côté France c'est le recours permanent au brouillage.

Le souvenir de l'enquête Bruguière, déjà à la déchetterie, reflète désormais clairement une imposture, ce qui pourrait aussi s'appeler une forfaiture s'il y avait des magistrats assez indépendants en France pour prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ce "confrère" apôtre de la synergie entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif... dont l'armée l'a si bien mené en bateau au propre et au figuré, tel qu'il l'explique quand il présente son livre.


L'arrestation de Rose Kabuye - 9 novembre 2008

Ruzibiza, Le principal témoin du juge Bruguière se rétracte - 12 novembre 2008

  • Rwanda: le témoignage qui bouleverse tout
    Libération 18 novembre 2008
  • Attentat: des rétractations crédibles ?
    La Libre Belgique 15 novembre 2008
  • Ruzibiza, le témoin rwandais de Bruguière se rétracte
    Libération 15 novembre 2008
  • "Ruzibiza l'affirme, j'ai tout inventé, et les Français ont tout gobé"
    OBSAC 13 novembre 2008
    • Nous faisons remarquer de notre côté, que cette information particulièrement grave pour la réputation de la justice française n'a été relayée en France que par Libération sur le moment, de façon laconique, alors que la presse avait fait un sérieux tapage lorsque Pierre Péan ou Le Monde avaient révélé ce faux témoignage. La presse française n'est pas libre. Comme nous le constatons le Nouvel Observateur, quatre mois après (voir chapitre 2009), fait deux articles sur cette affaire qui est scandaleuse de la part du juge Bruguière et de l'Etat français. - En mars 2009, en 4 mois, qui a parlé de façon circonstanciée et détaillée de cette affaire de la rétractation du principal témoin de l'enquête Bruguière ? on a vivement le sentiment que l'on prépare à petite dose le renoncement de l'Etat français à ses mensonges et que la presse est très docile dans cette manoeuvre.
  • Vraie fausse rétractation d'Abdul Ruzibiza; mise au point de Claudine Vidal
    France-Rwanda, le site de MV NDAGIJIMANA collaborateur assidu de Pierre Péan 29 juin 2009
    Claudine Vidal doute des rétractations de Ruzibiza. Elle nous traite de menteurs quand nous doutions de l'authenticité des écrits de Ruzibiza et que nous attribuions ces textes à d'autres auteurs. Elle nous confirme en tous cas qu'elle arrive en fin de course dans cette tractation qu'on lui a présentée telle qu'elle nous la présente. Elle nous confirme aussi que c'est un collaborateur du juge Bruguière qui a mis Guichaoua sur la voie de Ruzibiza. Que s'est-il passé avant ?

L'enquête relancée sur des bases plus saines

2009 - Effondrement de l'enquête Bruguière

Nouvelles révélations sur d'autres manipulations de témoins par le juge Bruguière et son équipe et poursuite des auditions de Rose Kabuye

  • Un témoignage contre un visa
    NOUVELOBS.COM | 11.03.2009 | 18:43
  • Voir notre commentaire, ci-dessus, dans le chapitre Ruzibiza de novembre 2008
  • L'Afrique selon Kouchner
    Jeune Afrique 20 mars 2009 - Kouchner confirme que Rose Kabuye est une prisonnière volontaire pour que le Rwanda accède au dossier
  • Attentat Habyarimana: nouvelle audition de Rose Kabuye par le juge
    AFP 23 mars 2009
  • Juillet 2009 dans la revue Politis, Hubert Védrine envisage que des mercenaire français aient pu participer à l'attentat
  • 25 août 2009 un deuxième témoin se rétracte alors que d'autres témoins ont affirmé avoir été abusés par le juge :

Patrick de Saint-Exupéry relance le "mystère" de la boite noire de l'avion d'Habyarimana

La piste Barril

Le rapport rwandais sur l'attentat

  • Depuis 2007 une commission enquête sur l'attentat au Rwanda. La sortie de son rapport est repoussée vraissemblablement à cause de l'arrestation de Rose Kabuye. Après la levée du contrôle judiciaire de Rose Kabuye, les premières informations filtrent en décembre 2009
  • Continental n°87 - Décembre 2009 - Retour sur un attentat, le dossier qui accuse les extrémistes Hutu atentat du 6 avril 1994
Continental a pu consulter en exclusivité le rapport du comité d'experts rwandais chargé d'enquêter sur l'attentat du 6 avril 1994. Par le nombre de témoignages recueillis auprès d'anciens militaires du régime Habyarimana, cette enquête contribue à étayer une thèse diamétralement opposée à celle soutenue depuis dix ans par le juge français Jean-Louis Bruguière. Une piste qui ne mène pas à Kigali, mais bien à Arusha [ndlr donc chez les auteurs du génocide].

Ce rapport est disponible sur le site de la commission d'enquête citoyenne dans sa page qui rassemble la quasi totalité des rapports concernant le génocide au Rwanda.
Page des rapports sur le site de la CEC