François-Xavier Verschave nous a quittés
 
Extraits de sa rencontre
avec René Vautier
réalisés par Matjules
(Cliquez sur l'écran vidéo
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Recliquez pour continuer l'extrait s'il s'interrompt
avant la fin)
Réponse du président
de Survie Bas-Rhin

à Libération et Le Monde
7 Juillet 2005
(Les chiffres avancés concernent cette date)
Nécrologies vindicatives
Trois réactions aux articles
de Libération et du Monde
publiées par ACRIMED
La rédaction
de "Billets d'Afrique et d'ailleurs"
(mensuel de Survie France)
Daniel Sauvaget (d'Acrimed)
Alain Deneault
La probable motivation
des nécrologies vindicatives :
son dernier livre
réponse aux négrologues
Odile Tobner
Boubacar Boris Diop
François-Xavier Verschave
éditions les arènes
 
Photo Matjules

Un an après sa disparition, Les Arènes publient un livre :

"François-Xavier Verschave.
L'homme qui voulait soulever les montagnes"

L'artisan tenace et habile du démontage de la "Françafrique" a posé ses outils.

Hier, 29 juin 2005, François-Xavier a passé les portes de la mort.

Fin janvier 2005, le conseil d'administration de Survie avait appris qu'il était atteint d'un de ces cancers les plus sauvages qui ne lui laisserait pas grande chance d'échapper à ce dictateur de l'ombre. Il a continué presque normalement son activité de président de Survie jusqu'aux environs du 15 juin 2005.

Le 3 février 2005, nous avions une conférence de presse pour annoncer la publication de notre rapport de la commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France dans le génocide au Rwanda. A cette occasion les avocats des Rwandais ont annoncé qu'ils déposeraient des plaintes prochainement contre X devant le tribunal aux armées pour complicité de génocide. Il était là, comme si de rien n'était, et présida cette conférence de presse.

Il diminua un peu son activité, la ramenant à celle d'un militant très engagé et suivant toujours de très près l'actualité, notamment celle des élections frauduleuses du Togo. Son dernier livre connu, Négrophobie, est paru ce mois de juin.

Fin mai il a présidé l'assemblée générale de Survie, et a été réélu administrateur de Survie. Les militants l'ont remercié chaleureusement de tenir bon.

Le 11 juin il était encore fidèle au poste au conseil d'administration et fût réélu Président de Survie. A midi il avait faim. Il n'avait pas mangé la veille à cause des effets secondaires de son traitement. La vie quoi ! Pendant le repas on a parlé de choses et d'autres, simplement. A l'heure de reprendre le CA, il nous a laissé en nous rappelant avec humour qu'il devait être à l'heure qu'il avait donnée pour la reprise des travaux. On sentait que la maladie gagnait du terrain, mais François-Xavier fût constamment dans la discussion ce jour là.

Hier, jour de sa mort, le procureur de la République a annoncé que la justice allait entendre les plaignants Rwandais qui ont déposé plainte (voir page Rwanda). Une sorte d'hommage apparent [1] de la République à celui qui s'est battu toute sa vie pour que la parole des peuples africains soit entendue par l'État français et que cesse la "Françafrique", le plus long scandale de la République.

EC

[1] Cette procédure est en fait celle qui devrait faire traîner le plus possible les conséquences du dépôt des plaintes des Rwandais. Mais elle montre que la République est obligée d'en tenir compte et ne peut pas les rejeter facilement.

Documents vidéo de Survie-Médias

Quelques articles

Merci Monsieur Verschave
François-Xavier Verschave ou la rage au coeur des ténèbres françaises Site "L'idiot du village"
L'ami, la mort et l'avertissement Le Messager (Cameroun)
Verschave, celui qui défendait l'Afrique, est mort Lyon Capitale
Hommage à François-Xavier Verschave Aime Mathurin Moussy Quebec
Un ami du peuple malgache Madagascar Tribune
Compte rendu de la soirée d'hommage à François-Xavier Verschave Congopage
Message du Collectif des Togolais de Lyon en hommage à François-Xavier Verschave Le Togolais
Noir chagrin Politis
Critique postcolonialiste - L'héritage de François-Xavier Verschave Le Devoir (Canada) Alain Deneault
François-Xavier Verschave s'en est allé ! Le républicain du Niger
Salut l'Africain !!! Franck Essénam EKON LeTogolais
Gentleman militant
Un dissident français Les arènes
Notre ami Verschave Par Ambroise EBONDA Le Messager Cameroun
François-Xavier Verschave vient de s'éteindre Hilaire Dossouvi Logo (biographie approfondie) LeTogolais
Hommage à François-Xavier Verschave, dénonciateur de la Françafrique G.Labarthe LeTogolais
François-Xavier Verschave, le plus grand critique français de la politique africaine de la France vient de décéder Rwanda New Agency
Un combattant de la liberté et de la dignité de l'Afrique nous quitte : Adieu François-Xavier Verschave (Guinée)
Le plus grand pourfendeur de la « Françafrique » a perdu son combat contre la maladie Afrik
La Croix : La mort d'un pourfendeur de la « Françafrique »
Le nouvel observateur (Avec des liens d'archives sur FXV)
L'humanité a consacré un chapitre à la mort de François-Xavier Verschave dans un article plus général "Balises"
La Françafrique expliquée
Daniel Mermet sur France Inter et TV5 ont rendu hommage à François-Xavier Verschave.
Mutations
Éditorial de Libération Afrique
Quand Jean-Paul Pigasse pleure François-Xavier Verschave Congopage Simon Mavoula

Rictus françafricain et aveuglement de gauche

Plus de 70 000 réponses sur le web avec Google contre 70 réponses sur les sites d'actualité (et encore beaucoup viennent de médias africains) ! Cette distorsion entre l'impact de sa mort dans les médias d'actualité français et celle de sa vie dans la société civile est révélatrice de ce que ces médias sont plus proches du pouvoir que des citoyens. La Françafrique est bien le problème du petit cercle du pouvoir en France. La mort de François-Xavier nous permet de le mettre une fois de plus en évidence. A ce jour, 3 juillet, seuls quatre quotidiens français d'audience nationale ont fait écho à sa mort, et deux d'entre eux Libération et Le Monde, l'ont fait de façon irrespectueuse et malveillante. Mis à part La Croix et l'Humanité qui méritent une mention spéciale pour leurs articles honnêtes, la page de popularité vous confirmera la partialité des médias nationaux.

Les articles discutés, très parisianistes, montrent que la Françafrique croit pouvoir reprendre du poil de la bête à travers deux gazettes inféodées à la "raison d'État". Nous avons la preuve posthume de ce que représentait François-Xavier pour ces scribouilleurs de petits canards d'une petite France mesquine, vieillotte et dépassée. François-Xavier a donné des Français une image autrement plus digne en dénonçant les crimes de l'état français.

Cette page a été reprise dans un article expédié le 5 juillet à un grand nombre de journalistes, dont voici une version corrigée en tenant compte des quotidiens La Croix et L'Humanité.

Verschave plonge dans le noir silence Christophe Ayad Libération (un titre goguenard et déplacé)

Non, Libération ment quand son journaliste écrit que François-Xavier "est mort au moment où la Françafrique agonise". Il voudrait que la conscience des crimes de la Françafrique meurt avec son dénonciateur. Circulez, y'a plus rien à voir. Incohérent de la part d'un journaliste de Libération.

Que ceux qui prétendent "aller en Afrique" demandent aux Togolais, aux Ivoiriens, aux Camerounais, aux Tchadiens, aux Gabonais, aux Rwandais, aux divers Congolais, aux Djiboutiens, aux Algériens, aux Tunisiens, aux Centrafricains, aux Comoriens, etc., ... ce qu'ils pensent de la virulence actuelle de la Françafrique. Monsieur Ayad a perdu une bonne occasion d'éviter d'écrire une grosse bêtise, emporté par l'auto-amusement de son titre mesquin. Mais rassurez-vous Monsieur Ayad, les Africains vous donneront raison et casseront la Françafrique. Ce jour là elle agonisera.

Libération enterre la françafrique en même temps que François-Xavier Verschave Heureuse réponse !

Réponse du docteur Annie Faure à Libération

François-Xavier Verschave Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde

Un refus de voir en François-Xavier un "enquêteur", mais un "militant" qui selon cet article ne vérifiait pas ses sources... Comment a-t-il pu donc gagner son procès contre trois dictateurs africains protégés par Paris devant la justice parisienne, si ce n'est parce que ses sources étaient solides ? La seule fois que cette loi, utilisée 600 fois par des Chefs d'État étrangers, a permis de donner raison à l'accusé. Il fallait vraiment que les sources soient de grande qualité. Lire les documents du procès.

Une fois de plus, derrière une façade d'objectivité décidément usurpée, Le Monde montre sa complaisance avec la Françafrique et son manque d'indépendance vis-à-vis de l'État français. Une fois de plus Le Monde livre une opinion de militant d'un patriotisme sorti des gamelles des militaires et qui a pourtant fait la preuve de sa criminalité.

Le journal Le Monde, qui a des difficultés, existerait-il encore sans cette complaisance ? C'est une grave question pour ses lecteurs qui souhaitent y trouver une grande honnêteté intellectuelle, plutôt que des opinions déguisées dans un esprit critique délabré. Ce journal risque d'être rebaptisé "La France médiocre".

Mais, sans doute aussi, doit-on une partie de ce pet de nécrologue au livre Négrophobie et plus généralement à ces messieurs qui ont sans doute eu le sentiment amer que ce "militant" a trop marché sur leurs plates-bandes... qu'ils délaissaient par manque d'exigence professionnelle. Qu'est-ce qu'enquêter ? Qu'est-ce que faire une investigation ? Et surtout, l'investigation faite, comment la transmettre avec rigueur, sans tenir compte des rictus du pouvoir ? François-Xavier Verschave n'a-t-il pas fait une investigation permanente de la façon dont la presse rapportait les événements ? C'est à dire n'a-t-il pas patiemment recoupé ce qu'on offrait aux lecteurs peu critiques sur l'Afrique ? Ce travail de journalisme rigoureux c'est lui qui l'a fait. C'est sûrement là que ça fait mal...

Le vrai monde appartient à l'humanité. Les militaires français n'ont aucun droit dessus. Qu'ils s'occupent de leur déontologie.

François-Xavier Verschave a travaillé en Afrique

François-Xavier Verschave, dont on voudrait faire croire qu'il n'est jamais allé en Afrique, a été coopérant en Algérie où il a mis ses connaissances en économie au service des transports algériens. Il a aussi fait plusieurs voyages dans d'autres pays africains, même s'il y est peu allé par rapport à la moyenne des "africanistes". (Lire cet article sur les massacres génocidaires des Bamileke au Cameroun, dans lequel François-Xavier Verschave est plusieurs fois cité pour son enquête sur place)

Tout seul, on ne connaît jamais un pays et encore moins un continent. Quel journaliste pourrait prétendre qu'il ne parle que des faits dont il a été témoin direct ? Le plus souvent, même sur place, ils enquêtent auprès de témoins directs. Il se trouve que les africains qui ont des problèmes avec leurs dictateurs viennent souvent en Europe et qu'on peut de ce fait faire ce travail d'enquête en France, à Paris et le compléter avec le travail des journalistes de terrains qui font parfois de bons articles. Les Africains et Européens qui sont sur place, savent écrire à Survie, communiquer des photos, des vidéos... Il suffit ensuite de recouper l'information.

Les juges français ont souvent été convaincus de la qualité des textes de Survie et plus particulièrement de ceux de François-Xavier Verschave. Les jugements des tribunaux en témoignent. Ce travail collectif de connaissance de l'Afrique est fait de ceux qui décrivent et de ceux qui synthétisent. François-Xavier était incontestablement de ceux qui synthétisent, avec en plus une intelligence des souffrances qui sont derrières les événements, que les Africains, présents à son enterrement, ont appelé "intelligence du coeur".

Ce problème de "François-Xavier Verschave en Afrique" n'est qu'une argumentation mesquine de ses détracteurs, ceux qui voudraient que la Françafrique dure encore longtemps ou qui sont écorchés vifs par la jalousie secrète de ne pas avoir été pourvus des capacités de synthèse de François-Xavier.

Il fût menuisier, cofondateur d'une entreprise de réinsertion, chrétien discret

Cette entreprise qu'il a fondée dans les années soixante dix, existe encore. Un accident, une raboteuse de 900 kg qui lui est tombé dessus "sans trop l'amocher", l'a fait changer d'orientation et travailler comme économiste à la Mairie de Saint-Fons pour développer l'emploi dans la commune.

Devant son cercueil, juste avant qu'il soit porté dans le caveau d'Adrienne, une handicapée qui fût sa protégée, dont il fût "la seule famille", un de ses anciens compagnons a rappelé cette vie de menuisier, en bleu de travail, qu'a partagée François-Xavier Verschave dans les années soixante-dix. Le but de cette entreprise était de permettre à des personnes atteintes de souffrances psychiques d'exercer un métier et de se réinsérer dans une vie sociale "normale".

François-Xavier Verschave a toujours respecté le caractère laïc de Survie. Jamais il n'a fait de référence à sa foi au sein de Survie. Beaucoup ont découvert cet aspect de François-Xavier lors de la messe de son enterrement.

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