Avant la Commission d'Enquête Citoyenne |
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Paris |
Présentation avant les travaux de la commission : |
22-27 mars 2004 |
Quelques-uns des écrivains qui ont contribué à la manifestation
de la vérité sur le Rwanda Général Dallaire, Patrick de Saint-Exupéry, Collette Braekman, Vénuste Kamihahe, Yolande Mukagasana, Marcel Kabanda, Annie Faure, Jean Hatzfeld, Alison Desforges, Jean Pierre Chrétien, Jean Paul Gouteux, Jean-François Dupaquier,Yann Jurovics, Gerald Caplan, François-Xavier Verschave, Dominique Franche, Mehdi Bâ, Michel Sitbon, Christian Terras, Jacques Morel, Yves Ternon, etc. |
Cette enquête citoyenne ne débutera pas le jour de son ouverture officielle. L'enquête a démarré en 1994. De nombreux citoyens et même des parlementaires ont enquêté sur ce problème. L'objet de cette commission est de cristalliser les conclusions de toutes ces initiatives et d'en faire un fait national. Le rapport parlementaire est venu, à la suite de journalistes, comme Patrick de Saint Exupéry dans le Figaro ou Colette Braeckman dans Le Soir, et bien d'autres, d'écrivains, de sites Internet qui ont depuis plusieurs années mis en cause les responsabilités de la France et mis le doigt sur ses complicités. Les citoyens français qui cherchaient la vérité sur cette affaire ont déjà rassemblé tous les éléments de l'enquête. A l'étranger, on peut rappeler les travaux d'African Rights, de Humans Rights Watch, de la FIDH, de l'ONU, de l'OUA, du sénat de Belgique, du TPIR. Tous ne mettent pas en cause nommément la France, mais aucun ne cherche à la disculper ! Il y a de ce point de vue une belle unanimité. Enfin comment ne pas souligner l'effort considérable que font les rescapés pour comprendre ce qui leur est arrivé et leur point de vue privilégié de témoins. Les rescapés sont unanimes à montrer la France du doigt. La grande sympathie qu'expriment à la France ceux qui étaient du côté des bourreaux ne fait que confirmer la direction du doigt des rescapés. Va-t-on une fois de plus mépriser les avertissements des Rwandais ? Seuls quelques auteurs isolés comme le canadien Robin Philpot et le camerounais Charles Onana, très actifs depuis quelques mois et très alignés sur les positions des "services français", mais ce n'est peut être qu'un hasard, essayent de disculper la France. Vous verrez dans nos pages que l'un de ces messieurs n'hésite pas à mentir quand il parle de nous, ce qui nous confirme dans notre grande méfiance à leur égard. Le dossier est donc instruit. Des dépositions de dernière minute remettront-elles en cause les conclusions qui se dessinent ? Nous verrons si des personnes, ayant ou ayant eu, des responsabilités en France auront le courage de venir devant la commission défendre ce qui à priori semble indéfendable. D'une certaine manière cette commission n'a qu'un seul but : réparer le mensonge de Paul Quilès lorsqu'il a présenté, en les shuntant, les travaux de la mission d'information parlementaire sur le Rwanda en décembre 1998. Le rapport français à lui seul est accablant pour la classe politique et l'armée. La classe politique et l'armée, dont il a été ministre, par la voix de Paul Quilès, se sont auto blanchies, mais n'ont pas pu maquiller tout ce qui se trouve dans le rapport. Ce qui ne s'y trouve pas est probablement encore plus grave... notamment les auditions à huis clos de militaires français et les témoins écartés par la commission. Ce sont surtout ceux là que nous voudrions entendre ! Ce sont ceux qui étaient sur le terrain que les parlementaires ont auditionné à huis clos. Une fois de plus les militaires ont des choses à cacher aux français. Et les Français ne diraient rien car critiquer l'armée serait trahir la France. Mais la France sans les Français n'est qu'une coquille vide, un vague souvenir pour historiens. La France sans les Français n'existe plus. Les militaires doivent rendre compte complètement et sans réserve aux français qu'ils sont censés servir, ou ce sont des menteurs. dans le rapport d'audition du général Quesnot on écrit : "Sans doute, le Général Romeo Dallaire n'avait-il pas de mandat, mais le Général Christian Quesnot a estimé que, dans certains cas, l'honneur d'un militaire était de savoir désobéir et que, dans ce cas particulier, le Général Romeo Dallaire aurait peut-être réussi en désobéissant. " Lorsqu'on regarde cette audition, qui a été filmée pour une émission de télévison, on voit l'émotion et l'hésitation de ce général lorsqu'il dit cela. Il sait que cela peut se retourner contre les militaires français. Mon général on est pas au dessus de la vérité, même quand on est un militaire français ! Et la vérité, ce n'est pas avec un grand "V", c'est simplement ce que chacun a pensé, dit et fait. Rien de plus. Ce shunt de "Quilès tendresse" avec "Chirac Amour" nous a permis de mesurer le sens de la responsabilité de la classe poltique française. Et si Paris valait bien une messe pour un roi de France, la vérité sur le Rwanda vaut plus qu'une commission : elle exige que les autorités françaises présentent des excuses au Peuple Rwandais au nom du Peuple Français. Des excuses concrètes complèteront les mots : les victimes du génocide ont droit à réparation de la part de ceux qui ont contribué par leur complicité à la destruction de leurs familles, de leur santé personnelle, de leur moral et de leurs biens. Si la commission met en lumière des responsabilités personnelles ou partagées, il faudra aller jusqu'au bout des textes juridiques internationaux et français, dont ceux que la France avait adoptés fort judicieusement...en mars 1994 ! Nous y croyons. E.C.
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Voir dans nos pages Rwanda les sites qui ont contribué à diffuser cette dynamique de recherche de la vérité. |
Définition
du dictionnaire :
"Quilès tendresse" et "Chirac Amour" étaient leurs slogans respectifs dans la campagne pour les municipales en 1983 à Paris |
MSF demandait aussi une comission d'enquête parlementaire en 1998 (mais c'est la formule d'une simple "mission d'information", moins contraignante dans sa déontologie, qui sera retenue) Présentation du rapport parlementaire par Paul Quilès (RFI décembre 1998) |
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Lire le chapitre IV des Recommandations du rapport de l'OUA : "...Des excuses seules ne suffisent pas. Au nom de la justice et des responsabilités, le Rwanda est en droit de s’attendre à réparation de la part des acteurs de la communauté internationale pour le rôle qu’ils ont joué avant, pendant et depuis le génocide... " |