Sélestat |
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Le texte de la conférence de Diogène Bideri ZONE 51 organisait pour la troisème fois un festival de musiques nouvelles de Sélestat : "LEZ' ARTS SCENIQUES". Comme chaque année un pays est choisi comme thème d'information. Cette année c'était le Rwanda. Survie en Alsace a été invité à animer ce thème.
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Notre WE à Sélestat sur le thème du Rwanda, dans la cadre d'un festival de Musiques Nouvelles,("Lez' Arts scéniques"), s'est très bien passé malgré la déconvenue de l'absence de Jean Paul Gouteux, bloqué par les grèves SNCF. Jacques Morel, qui n'a pas hésité à nous sortir de cet imprévu fâcheux, l'a remplacé avec brio, une passion vibrante et une présence qui a été très appréciée pour parler des graves responsabilités de la France dans le génocide rwandais. La conférence n'a pas fait déplacer les foules..., mais il y avait quand même environ soixante à soixante dix personnes et les deux principaux journaux régionaux. Tous les échos que nous avons eus montrent que les plus sceptiques sur ce projet ont été conquis. Nous avons eu l'honneur de la présence de Jacques Bihozagara, Ambassadeur du Rwanda, de Diogène Bideri initiateur de la Fondation Ntarama, de Dafroza Gauthier et Alain Gauthier présidente de la communauté Rwandaise de France et président du Collectif des Partie civiles pour le Rwanda et donc de Jacques Morel auteur du "Calendrier des crimes de la France outremer". Monsieur le Maire de Sélestat a accueilli les conférenciers, introduit la conférence et offert un cadeau souvenir à Monsieur Jacques Bihozagara. L'ambassadeur nous a fait un exposé bien structuré, apprécié par les militants de Survie, sur l'histoire du Rwanda et nous a également parlé avec conviction des gacaca, la justice traditionnelle (on prononce gatchatcha), dont il a su exprimer l'origine de façon très parlante. Le problème principal du Rwanda étant qu'il faudrait 200 ans pour juger tous les génocidaires avec la justice classique. (Comme le faisait remarquer en 1998 Maitre Paulus, du Barreau de Colmar, imaginez que le nombre de prisonniers (130 000 fin 2002) équivaudrait à un million si on appliquait ces proportions à la France. On voit le mal que nous avons avec 55 000 prisonniers alors que nous sommes un pays très riche). Diogène Bideri, umugogwe qui a une excellente connaissance de l'histoire du Rwanda, et plus particulièrement des Bagogwe dont il a parlé avec une émotion profonde et discrète, a bien montré les signes avant-coureurs du génocide qui auraient du alerter la communauté internationale dès 1993, malgré les efforts sans effets de certaines associations. Voir aussi le site de la Fondation Ntarama Jacques Morel a décrit les éléments qui permettent de dire que la France est complice du génocide rwandais. Ces éléments sont rappelés dans un texte qu'il a publié sur Internet : http://perso.wanadoo.fr/jacques.morel67/ Dafroza Gauthier, devant nos impératifs chronologiques serrés, a préféré, avec beaucoup d'élégance et de présence, laisser plus de temps à l'ambassadeur et à son mari pour qu'ils parlent à loisir l'un des gacaca et l'autre de la poursuite des génocidaires en France. Dafroza Gauthier nous a donné rendez-vous pour un futur débat sur les problèmes spécifiques des rescapés et des associations qui les soutiennent. Alain Gauthier a su communiquer avec le naturel de son engagement personnel sa détermination dans la poursuite du combat du collectif des parties civiles. Poursuivre les génocidaires qui se sont réfugiés sur le sol français est un devoir national. Il n'est pas normal qu'ils continuent à couler des jours paisibles sous la protection de la démocratie française. (On loue par ailleurs le combat des Klarsfeld contre les génocidaires nazis, pourquoi négliger ensuite la lutte contre les génocidaires rwandais ?) Le débat a permis un dialogue convivial avec la salle, même sur certaines questions aiguisées sur l'Ituri ou sur les relations entre la France et le Rwanda. Nous publierons l'intégralité de la conférence dès que nous en aurons le temps... Le Maire de Sélestat a assisté à toute la conférence. Il s'est intéressé ensuite aux Rwandais présents et à ce qu'ils avaient vécu. Au passage on doit souligner le remarquable outil culturel que constitue l'ensemble des Tanzmatten, dont les qualités techniques sont étonnantes dans une ville de 20 000 habitants. On voit que l'Alsace est riche ! Mais, tant mieux si elle emploie bien ses richesses. En marge de la conférence, le long des stands, Alain et Dafroza Gauthier nous ont parlé aussi de la Communauté Rwandaise de France, d'IBUKA et du jardin de la Mémoire. Nous avons présenté plusieurs démonstrations de danses rwandaises avec l'équipe de jeunes Rwandais constituée par Gaudiose Luhahe, vice-Présidente de Survie 67. Le résultat a été remarquable avec des costumes superbes. Merci à tous les danseurs qui ont su montrer toute la grâce et la vigueur des danses rwandaises ! Nous avons aussi nourri à la rwandaise les spectateurs du Festival de Musiques Nouvelles ... la encore, toute l'équipe de Survie, sous la houlette décontractée de Gaudiose et Raphaël Luhahe, a fourni un effort notoire, notamment les "survivantes" (Françoise, Gaudiose, Immaculée, etc...) qui ont fait la cuisine toute la semaine, sans parler des amies qui ont fait des dizaines de gâteaux. Nous avons assuré ce service pour quelques 1200 participants répartis sur samedi soir et dimanche soir... merci aussi à Joanna, Rapahël, Nicolas, Jean Prosper, les enfants des uns et des autres, Alain et Dafroza et tous ceux qui ont mis la main à la pâte ! Il est à noter qu'André, un agriculteur engagé de la région de Sélestat, nous a fourni gratuitement les légumes pour les repas. Tel autre nous a prêté un gros frigo congélateur.... bref de nombreux gros et petits services fournis par les uns et les autres ont contribué à la réussite de ce défi culinaire ! Et en plus c'était très bon et agrémenté de lait de panthère et de jus de gingembre (13 kg de gingembre épluchés un soir chez Jean Prosper... puis mis en bouteille à côté de la cage de la panthère qui a fourni le lait - pour la traire je ne vous raconte pas, on est obligé de la souler avant et la tranquillité de la traite n'est pas pour autant assurée ! )... Nous avions aussi une table de presse et des panneaux d'exposition sur le Rwanda, Survie et le Collectif des Parties Civiles, que plusieurs jeunes qui venaient au festival sont venus consulter, ainsi bien sûr que les personnes qui sont venus pour la conférence. Alain Gauthier avait apporté une quantité impressionnante de belles sculptures sur bois, faites par des artisans rwandais, qu'il vend pour financer un avocat pour le Collectif. Cela donnait en plus un caractère plus rwandais à la galerie... déjà égaillée par les tenues des rwandaises qui avaient mis un point d'honneur à s'habiller comme au pays. Zone 51 a montré une très grande maîtrise à tous point de vue de ce type de manifestations musicales (avec huit orchestres et leurs équipes à gérer), qu'elle organisait pour la troisième fois. Bref un bilan très positif pour tout le monde : "un jeu à sommes positives" et un président heureux et fier de son équipe qui a montré, à travers ce projet, une cohésion prometteuse ! Que tout le monde soit donc remercié chaleureusement pour avoir contribué à la réussite de cette manifestation. Emmanuel Cattier Survie 67 Maison des Associations 1, place des Orphelins 67000 Strasbourg, survie67@free.fr |