Archives de Survie en Alsace

 

La façon dont la presse relate nos évènements est pour nous toujours un sujet d'intérêt. Pendant très longtemps, la presse nous a ignorés dans le Bas-Rhin. Il est probable que la notoriété grandissante de SURVIE est en partie due aux livres que publient notre président François-Xavier Verschave... Ces livres reprennent et développent pourtant nos "dossiers noirs" que nous vendons depuis 1994, écrits par le même auteur et ignorés parce que non signés ! Certainement aussi la présence de L'Ambassadeur du Rwanda a été un coup de pousse dans cette évolution. On doit aussi remarquer que l'impact médiatique locale de Zone 51 a eu des retombées positives sur notre action.

Incontestablement, les DNA ont franchi le mur du silence qui entoure généralement dans la presse régionale et nationale la complicité de génocide de la France au Rwanda. Les DNA poursuivent ainsi un travail que Le Figaro avait entammé avec les articles de Patrick de Saint Exupery en 1998 et que Le Monde refuse de reconnaître et continue d'ignorer dans les articles de Stephen Smith.

L'attitude du Monde pendant le génocide avait valu à son directeur J.M. Colombani et au journaliste J. Isnard d'être traité par Jean-paul Gouteux "d'honorables correspondants des services français". Ces deux messieurs avaient poursuivi Jean Paul Gouteux en diffamation et perdu leur procès. Voir notre page sur les "mensonges de la presse". Jean Paul Gouteux avait sorti, entre les deux procédures de première instance et d'appel, un petit livre intitulé : "Le Monde un contre pouvoir ?" édité par L'esprit frappeur.

Nous espérons que le journaliste des DNA ne subira pas dans sa carrière de "punition" pour avoir brisé ce silence régional.

Pour le journal "l'Alsace", on peut remarquer que l'on cite notre site Internet pour plus d'informations, mais que le lecteur n'est pas alerté sur la gravité du comportement de la France au Rwanda. Sur ce point la conférence est étiquetée de travail de spécialistes : "Ils ont décortiqué...". Cela montre bien que le journaliste considère que cela ne concerne pas le lecteur moyen. Or il serait éminemment souhaitable que la presse fasse son travail d'information sur ce sujet qui concerne au premier chef les citoyens.

Conférence "Rwanda" de Sélestat
8 juin 2003

Quelques extraits des Dernières Nouvelles d'Alsace :

"...Non sans rien faire puisque l'après-midi était consacré au Rwanda, pays choisi cette année comme thème du festival. La conférence-débat était édifiante et horrifiante tant on a pu comprendre, grâce à l'association Survie, la mécanique génocidaire mise en place par le régime de l'époque, le tout couvert par la France. Emmanuel Cattier, président de Survie 67, concluait cette conférence par une question troublante : « Il y a eu 3 000 morts en une journée lors de l'effondrement des Twin Towers aux USA. Nous nous sommes tous mobilisés avec raison. Au Rwanda, en 94, il y a eu 10 000 morts par jour pendant 100 jours. Qu'a-t-on fait ? » (Edition du 10 juin 2003)


 "Dans le cadre du festival « Lez'Arts Scéniques », Zone 51 proposait hier après-midi une conférence pour découvrir le Rwanda. Des personnalités importantes et intéressantes se sont exprimées, principalement sur le thème du génocide perpétré en 1994.

 Marcel Bauer, maire de Sélestat, s'est réjoui, en ouvrant la conférence, hier, de « l'initiative, depuis deux ans, d'associer au festival une partie culturelle pour présenter un pays ». Le Rwanda a été choisi, cette année, par l'équipe de Zone 51. Outre la conférence, la cuisine et les danses rwandaises étaient à l'honneur durant les deux jours du festival.  La conférence-débat était animée par Emmanuel Cattier, président de Survie, section du Bas-Rhin. « Notre association milite pour l'accès de tous aux bien mondiaux, comme la santé, l'eau et la justice internationale. Nous luttons aussi contre la mafia France-Afrique, et contre la banalisation du génocide rwandais », précisait-il.  Le premier intervenant, Jacques Bihozagara, ambassadeur du Rwanda à Paris, présenta les trois moments forts de l'histoire du Rwanda, la pré-colonisation, la colonisation et l'après-génocide. D'après lui, en 1962, quand le Rwanda a accédé à l'indépendance, les premiers signes avant-coureurs vers un génocide se sont fait entrevoir, comme la présence sur la carte d'identité de l'origine ethnique de la personne : Tutsi, Hutu ou Twa. En fait, comme tout le monde a la même langue et la même religion, on ne peut à proprement parler d'ethnies entre Tutsis et Hutus.

La nuit rwandaise

 Puis, ce fut au tour de Diogène Bideri d'exprimer ce qu'il a vécu sur place, dans le Nord-Ouest du pays, avec « un essai de génocide » destiné à exterminer les habitants de cette province. Dans ses propos fortement détaillés et émouvants, ce professeur de philosophie et chercheur en histoire contemporaine expliquait les causes de ce génocide. Jacques Morel, auteur d'un livre sur les massacres français, a remplacé en dernière minute le spécialiste français Jean-Paul Gouteux empêché, auteur de plusieurs livres : « La nuit rwandaise » et « Un génocide sans importance ». Il fut question de la part de responsabilité de la France dans le génocide. « Seuls l'ONU, les Etats-Unis et la Belgique ont publiquement présentés leurs excuses au peuple rwandais », clamait le président Emmanuel Cattier.  L'ambassadeur a également présenté la situation du pays confronté à juger 130 000 prisonniers. Drafosa Gauthier, présidente de la communauté rwandaise en France, s'est surtout exprimée sur les traumatismes vécus par ses compatriotes en France, et les associations qui oeuvrent pour les aider moralement.  Alain Gauthier, président du collectif des parties civiles, se bat pour faire juger ceux, responsables du génocide, qui ont quitté le pays en se réfugiant en France, notamment. " (Edition du 9 juin 2003)

Jean-Frédéric Tuefferd

Quelques extraits de "l'Alsace" :

"...Changer le monde. Le festival a permis de braquer les projecteurs sur le Rwanda et la situation dans laquelle ce pays se débat. L'opération était menée par l'antenne bas-rhinoise de Survie, une association qui se bat pour une autre conception du monde. Fondée en 1981 suite à l'appel des 116 prix Nobel pour « donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants », cette association informe et sensibilise sur la réalité des relations entre la France et l'Afrique. Elle dénonce en particulier la « Françafrique », un système qui conduit à détourner la majorité de l'aide publique au développement au profit de quelques uns. Une conférence-débat a eu lieu dimanche, avec l'ambassadeur du Rwanda, le collectif des parties civiles pour le Rwanda, des représentants de la communauté rwandaise en France ; ils ont décortiqué les raisons sous-jacentes du génocide de 1994, avec le rôle joué par la France et la Belgique. Papilles. Découvrir le Rwanda, c'est aussi découvrir les plaisirs de ce pays. Le public a pu voir des danses, et déguster quelques spécialités, comme l'ibihara (accra de poisson), l'isombe (feuilles de manioc), l'essence de gingembre ou le « lait de panthère », dont le secret de fabrication est jalousement gardé.

EN SAVOIR PLUS Survie 67, maison des associations, Strasbourg. Site : http://www.survie-alsace.org"...

Françoise Marissal