Le pétrole..., une chance ?

par DOMINIC JOHNSON

TAGESZEITUNG 20-06-2006

Traduction Geneviève Walter (Survie)

Es ist Afrikas große Chance: 50 Milliarden US-Dollar will die internationale Ölindustrie in den nächsten Jahren dort investieren; 200 Milliarden Dollar mindestens werden Afrikas Regierungen im gleichen Zeitraum am Öl verdienen. Von der Verwendung dieser Summen hängt die Zukunft des Kontinents ab. Und auch in Zentralasien und Irak bestimmt die Verwendung von Ölgeldern die Politik der nächsten Jahre.

C’est une occasion unique pour l’Afrique: l’industrie pétrolière internationale veut y investir 50 000 milliards de dollar; dans le même temps, les gouvernements africains y gagneraient 200 milliards au minimum. L’avenir du continent dépend de l’emploi qui en sera fait. En Asie centrale et en Irak aussi, ce sont les rentes pétrolières qui déterminent la politique à venir.

Es war also ein zentrales Thema der Weltpolitik, über das am Dienstag in London hinter verschlossenen Türen unter Vorsitz des britischen Premierministers Tony Blair weit reichende Entscheidungen gefällt wurden. Die "Extractive Industries Transparency Initiative" (EITI) soll die Usancen in der internationalen Öl- und Gasförderung und im Bergbau revolutionieren. "Transparenz bei Zahlungen von Unternehmen an Regierungen und regierungsnahe Körperschaften sowie Transparenz bei den Einnahmen der Förderländer" verspricht das EITI- Regelwerk. Das werde "Bürger und Institutionen ermächtigen, Regierungen zur Verantwortung zu ziehen".

Ce fut donc ce thème central concernant la politique mondiale qui, mardi à Londres, derrière des portes closes et sous la présidence du Premier ministre britannique, Tony Blair, fit l’objet de décisions aux conséquences multiples. « L’(EITI), l’initiative concernant la transparence des industries d’extraction devrait révolutionner les pratiques de production du pétrole, du gaz et des minerais. « la transparence lors des paiements des entreprises aux gouvernements et aux collectivités publiques proches des gouvernements, et la transparence sur les revenus des pays producteurs » c’est ce que nous promet la charte de recommandations « EITI ». Ceci devrait permettre aux citoyens et aux institutions de mettre les gouvernements devant leurs responsabilités.

Die Idee, ursprünglich von Blair beim UN- Nachhaltigkeitsgipfel in Johannesburg im vergangenen September verkündet, ist einfach: Ölfirmen - um die geht es hauptsächlich, weil dabei das meiste Geld im Spiel ist - sollen jedes Jahr veröffentlichen, wie viel Geld sie im Land ihrer Tätigkeit dem Staat oder dessen Organen zahlen. Die Berichtspflicht erstreckt sich auch auf die jeweils beteiligten Staatsfirmen. Gemeldet werden sollen die dem Förderland zustehenden Förderanteile, Steuerzahlungen und Lizenzgebühren, Dividenden und Bonuszahlungen.

Cette idée, que Blair à l’origine a annoncée lors de la prolongation du sommet des Nations Unies à Johannesburg l’an dernier en Septembre, est une idée simple: les compagnies pétrolières – car il s’agit d’elles essentiellement – doivent chaque année rendre publiques les sommes qu’elles ont versées à l’état ou aux administrations du pays où elles exercent leur activité. Le devoir de publier ces chiffres s’appliquent également aux entreprises publiques concernées. Les quote-parts, impôts, redevances, dividendes et bonifications revenant au pays producteur doivent être également signalés.

Dann weiß nämlich die ganze Welt, wie viel Geld die Regierung eines Entwicklungslandes an ihren Rohstoffen verdient. Und keine korrupten Herrscher können mehr unbemerkt Milliardensummen verschwinden lassen. "Derzeit machen die meisten multinationalen Firmen keine nach Ländern aufgeschlüsselten öffentlichen finanziellen Angaben", erklärt die britische Regierung. "Auf der Seite der Produzentenländer gibt es keine internationalen Anforderungen für voll transparente Haushalts- und Steuerinformationen."

Alors le monde entier saura en fait combien le gouvernement d’un pays en développement gagne grâce à ses matières premières, et aucun des  dirigeants corrompus ne pourra plus faire disparaître des milliards sans laisser de trace. « Actuellement les entreprises multinationales, pour la plupart, ne publient aucune donnée financière classée par pays» déclare le gouvernement britannique. "Du côté des pays producteurs d’autre part, il n'existe pas de normes internationales exigeant une transparence totale de l’information en matière fiscale et budgétaire."

Das ändert sich allerdings auch mit EITI nicht. Denn das Prinzip der Initiative ist Freiwilligkeit. Kein Staat und kein Konzern wird zum Mitmachen gezwungen. Kein Wunder, dass die Ölmultis EITI unterstützen und ihre Mitarbeit zugesagt haben.

Ce n’est pas non plus l’EITI qui changera cet état de chose cependant.  Car le principe de l'initiative, c’est le volontariat. Aucun État ni groupement de sociétés ne sont contraints d’y participer. Il n’y a dès lors rien d’étonnant à ce que les multinationales pétrolières soutiennent l’initiative et aient assuré leur coopération.

Globalisierungskritiker hingegen fordern ein viel schärferes Vorgehen. Im Juni 2002, kurz vor Blairs EITI- Vorstoß, lancierte der US-Milliardär und NGO-Förderer George Soros den Aufruf "Publish What You Pay" (PWYP): Danach müssten alle multinationalen Konzerne zur Offenlegung all jener Geldtransaktionen weltweit verpflichtet werden, die sie auch in ihren Heimatländern melden müssten. Dies könnte zur Bedingung beispielsweise der Börsenzulassung gemacht werden. 130 NGOs weltweit haben sich der PWYP-Koalition angeschlossen.

Les détracteurs de la mondialisation quant à eux exigent une procédure beaucoup plus pointue. En juin 2002, peu avant l’appel de Blair pour l’Initiative EITI, George Soros, le milliardaire américain et mécène d’ONG, lançait l'appel « Publish What You Pay1" (PWYP): Selon celui-ci, les groupements multinationaux de sociétés devraient avoir les mêmes obligations de déclaration publique de leurs transactions financières au niveau mondial que dans leurs pays. Cela pourrait par faire partie par exemple des conditions d’accès à la Bourse. 130 ONGs dans le monde se sont jointes à la coalition PWYP.

George Soros äußerte sich denn auch in London äußerst kritisch zu EITI. "Ich unterstütze den Vorschlag, aber ich sorge mich, dass er zur Farce wird", sagte er. Muzong Kodi von Transparency International meint: "EITI kann dort funktionieren, wo die Regierungen integer sind. Aber es gibt Länder, in denen das Abzweigen von Ressourcen die Bedingung zur Machtausübung darstellt."

George Soros s'est déclaré ensuite, également à Londres, extrêmement critique envers l’initiative EITI. "je soutiens la proposition, mais j’ai bien peur que cela se transforme en farce» a t-il dit . Quant à Muzong Kodi,  de l’organisation « Transparency International »,  il pense que: "l’initiative EITI peut fonctionner là où les gouvernements sont intègres. Mais il y a des pays, où le détournement des ressources conditionne l’exercice du pouvoir."

Die britische Regierung ist nun auf guten Willen angewiesen. "Wir hoffen, dass Länder von EITI Gebrauch machen", sagt Amanda Phillips, Sprecherin des britischen Entwicklungshilfeministeriums. Besonders positiv eingestellt seien Aserbaidschan, Ghana, Indonesien und Trinidad und Tobago. "Allgemeine Unterstützung" hätten Äquatorial-Guinea, Kasachstan, die Demokratische Republik Kongo, Mosambik, Nigeria, Osttimor und Sierra Leone bekundet.

Le gouvernement britannique dépend désormais de la bonne volonté des uns et des autres. "nous espérons que les pays feront usage de l’initiative EITI", a dit Amanda Phillips, la porte-parole  du ministère de l’Aide au développement britannique. L'Azerbaidjan, le Ghana, l'Indonésie, Trinidad et Tobago sont tout  particulièrement bien disposés. La Guinée équatoriale, le Kazakhstan, la République démocratique du Congo, le Mozambique, le Nigeria, le Timor Oriental et la Sierra Leone ont annoncé un « soutien général ».

Ob das reicht? Angola, besonders wegen Korruption in der Kritik, lehnt EITI ab. Und Russland, die USA und Kanada gelten als EITI-Skeptiker. Deutschland gibt sich passiv. Bei einem Seminar der Friedrich-Ebert-Stiftung über das Thema Öl in Afrika Anfang Juni erklärte Karl Prinz vom Auswärtigen Amt, EITI sei für deutsche Firmen irrelevant, weil die keine Interessen an Afrikas Öl hätten. "Die deutsche Regierung hat das irgendwie nicht begriffen", sagt dazu Gavin Hayman von der britischen Forschungsgruppe Global Witness. "Sie könnte viel mehr bei Unternehmensgesetzgebung und EU-Entscheidungsprozessen tun."

 Est-ce suffisant? L'Angola, particulièrement sous l’accusation de corruption, rejette l’initiative EITI. On considère que la Russie, les USA et le Canada sont sceptiques vis à vis de l’initiative EITI. L’Allemagne ne prend pas position. Lors d’un séminaire à la Fondation Friedrich Ebert sur le thème du pétrole en Afrique début juin, Karl Prinz, du ministère des Affaires étrangères, expliquait que l’initiative EITI est inintéressante pour les entreprises allemandes, celles ci n’ayant pas d’intérêts dans le pétrole africain. "il y a quelque chose que le gouvernement allemand n'a pas compris » , a dit à ce sujet, Gavin Hayman, du groupe de recherche britannique Global Witness. "Elle (l’initiative EITI) donnerait la possibilité d’en faire beaucoup plus en matière de législation d'entreprise et de procédures de décision au sein de l’UE."

Unabhängig davon wird es Jahre dauern, bis EITI eine praktische Wirkung hat. Während Global Witness auf erste Erfolge zum Beispiel in Osttimor oder São Tomé noch in diesem Jahr hofft, dämpft Ministeriumssprecherin Phillips die Erwartungen: "Beim Kimberley-Prozess, der den internationalen Diamantenhandel reguliert, dauerte es drei Jahre, bis überhaupt über die Umsetzung geredet wurde", sagt sie. "Es geht hier um lange Zeiträume." Bis dahin ist Afrikas Ölboom vielleicht vorbei.

A part ça, il faudra des années pour que l’initiative EITI ait un effet concret. Alors que par exemple au Timor oriental ou à São Tomé, Global Witness espère ses premiers succès pour cette année encore, la porte-parole du ministère Phillips  relativise : "La procédure Kimberley qui règle le commerce des diamants au niveau international, il faut trois ans, jusqu'à ce que l’on puisse parlé de changement" a-t-elle dit. "Il s'agit ici de long terme."

D'ici là, le boom pétrolier de l'Afrique sera peut-être terminé.



1 "Publiez ce que vous payez »