| Sarkozy a été courageux lors
de la prise d'enfants en otage à Neuilly-sur Seine en 1993
Je viens de revoir
les images de la prise d'otage dans une école maternelle de Neuilly sur Seine en 1993. Je me souviens très
bien de cet épisode.
Nicolas
Sarkozy a fait ce qu'il devait faire. Il ne s'est pas dérobé. On pourra
discuter du contexte dans lequel cela s'est passé qui ne lui laissait
aucune marge de manœuvre pour fuir cette situation en tant que Maire sous les feux
des caméras.
Mais surtout, ce que je remarque, c'est la façon dont il en a parlé
après qui est de toute évidence sincère et honnête. Chaque
jour dans le monde, des personnes courageuses prennent de tels risques.
Des pompiers, des policiers, des gendarmes, des militaires ou des
citoyens anonymes. Est-ce que cela en fait des candidats naturels à
l'élection présidentielle ? La réponse est évidente.
Un autre exemple de courage face à des terroristes et ensuite la même personne montre du courage au plan politique Je
pense notamment au gendarme Thierry Prungnaud qui en décembre 1994 a été envoyé
monter en tête du commando d'élite contre les preneurs d'otage de
l'avion détourné à l'aéroport de Marseille-Marignane. C'était le
meilleur tireur de la gendarmerie. Il a réussi son opération, mais il
fût très gravement blessé. "il reçu une rafale de 7 balles de Kalachnikov, subit l'explosion d'une grenade" (Site du GIGN). Courageux dans l'action, ce gendarme s'est encore
montré très courageux au plan politique en 2005 lorsqu'il a témoigné
dans le journal Le Point et au micro de France-Culture qu'il a formé la
Garde présidentielle rwandaise, qu'il a vu des
militaires français entrainer des miliciens en 1992 au Rwanda, qu'en
1994, on l'a envoyé dans l'opération Turquoise en lui expliquant que
les Tutsi massacraient les Hutu, qu'il a découvert sur place que
c'était le contraire qui se passait (Le new York Times le cite en 1994
disant sur place "on a été manipulé"), qu'il a du désobéir aux ordres
pour porter secours à des victimes du génocide, qu'ensuite de retour en
France un général du ministère de la défense lui a demandé d'oublier
tout cela et en particulier la liste de génocidaires qu'il avait
constituée. Alors ma question est simple : est-ce que Nicolas
Sarkozy a reconnu ce courage sur ce sujet politique particulièrement
grave qui engage les autorités françaises ? Lire la transcription de l'interview de
Thierry Prungnaud
dans le rapport en ligne de la Commission d'enquête citoyenne
sur
la France au Rwanda. C'est sans doute une autre forme de courage... On
peut aussi se demander si quelques uns n'espéraient pas qu'il
disparaisse dans cette attaque contre la prise d'otage de Marignane...
En
ce qui concerne Nicolas Sarkozy, ses propos récidivés et son attitude
générale en banlieue, ses propos sur les gènes du vice et ses
conceptions sur le dépistage des délinquants à l'âge de trois ans, ses
effets d'annonces comme ministre de l'intérieur et son bilan désastreux
en terme d'agression contre les personnes, ses perpétuelles accusations
contre des boucs émissaires (les juges, les sans papiers, les
racailles, les soixante-huitard, les socialistes, ses dérobades
intellectuelles en terme de responsabilité du bilan du gouvernement
dont il a été le numéro deux, ses grandes déclarations
adolescentes
de sincérité, d'amour, de non trahison, etc, ne sont pas à l'image de
son
comportement en 1993. Cela montre à l'évidence une
personnalité à
plusieurs registres contradictoires et cela m'inquiète.
EC
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