LE 14 JUIN 2006 LETTRE OUVERTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DE L’ACTION DU TCHAD POUR L’UNITÉ ET
LE SOCIALISME (ACTUS), Dr A SON EXCELLENCE
MONSIEUR JACQUES CHIRAC, PRÉSIDENT DE |
EXCELLENCE
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, Nous, Peuple tchadien martyr, vous accusons
de complicité de crimes contre l’humanité et de génocide pour votre soutien politique,
militaire, financier, inconditionnel sans faille et permanent au régime du Général-Président
Idriss Déby Itno. En effet, cette criminelle dictature est l’une des plus sanguinaires
du Continent africain comme en témoigne, si besoin était, le maccabre palmarès
de plus de 25.000 Tchadiens assassinés en 15 ans de tyrannie implaccable selon
les rapports des associations des Droits de l’Homme. Le 14 mai
2006, notre Peuple vient de subir une nouvelle humiliation. L’impérialisme français,
la Françafrique nous déclara la proclamation
de la victoire du Général-Président Idriss Déby Itno à la présidentielle au premier
tour avec 77,53%. Ce scrution du 3 mai massivement boycotté par l’opposition et
le Peuple traumatisé, a connu une participation ridicule tout au plus 8% d’électeurs
selon les estimations les plus optimistes des observateurs impartiaux internationaux,
le CPDC. Le quotidien Gabonsnews du 04.05.2006
écrivait : «…À treize heures,les bureaux de vote à N'Djamena sont restés, pour la plupart,désespérément
vides,a-t-on constaté. Au bureau de vote de la gare routière, quartier Naga II
dans le quatrième arrondissement, considéré comme un bastion du parti au pouvoir,
à la mi-journée,sur 520 inscrits, seuls 20 ont voté. Au quartier N'Djari, toujours
une zone considérée comme acquise au parti au pouvoir, à 11h30, seuls 30 personnes
ont voté dans le bureau du Carré 17B pour un total de 410 inscrits…». Le boycottage des urnes par la majorité de la population
a été confirmé par une forte abstention selon les diplomates et les journalistes
occidentaux (Source : L’Express du 28 mai 2006). Face à la tolée de l’opinion internationale, la cour constitutionnelle a
revu à la baisse les premiers chiffres avancés le 14 mai dernier : le taux de participation a été ramené à 53% et non à
70% initialemment, et 64,67% le pourcentage
acquis par le candidat Déby au lieu de 77,53%. Dans son rapport, le Vice-président de Maître Delphine Djiraïbé,Coordinatrice du Comité de suivi de l'appel à la
paix et la réconciliation, d’ajouter « La non participation des populations
à l'élection du 3 mai confirme que, ni un coup de force militaire, ni un coup
de force électoral ou institutionnel ne peuvent être une réponse à la crise socio-politique
que traverse le pays » et de conclure avec amertume au nom du Comité
« Nous regrettons une fois de plus le refus catégorique du pouvoir, soutenu
dans sa logique par la France, d'ouvrir le dialogue national avant l'élection ». Excellence,
Monsieur le Président, comme à l’accoutumée dans la tradition françafricaine,
votre gouvernement, par la voix du Porte-Parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste
Mattéi, a approuvé cet hold-up électoral dans sa déclaration du 14 Le Peuple
ne reconnaît pas et n’acceptera jamais les résultats de cette farce électorale.
Ils sont nuls et de nuls effets. Le prétendu Président élu, le Général-Président
Idriss Déby Itno est illégitime aux yeux de notre Peuple selon les normes universalement
reconnues en matière de votes démocratiques. Contre la
volonté de notre Peuple,vous persistez à imposer le dictateur fasciste, le Général-Président Idriss
Déby Itno. On ne peut gouverner indéfiniment un Peuple par la coercition et les
crimes. Pour sa survie, notre Peuple doit appliquer la légitime défense. Notre
Peuple choisira la riposte adéquate et le moment opportun pour exprimer son exaspération
contre ces coups d’états permanents, cette usurpation et confiscation du pouvoir
par le tyran que vous soutenez sans état d’âme. Excellence,
Monsieur le Président,vous demeurez aveugle et aphone depuis plus d’une décennie
face à la détresse et aux souffrances du Peuple tchadien qui n’a cessé de vous
écrire pour vous alerter de la tragédie qu’il vit au quotidien. C’est aussi dans
cette optique que nous vous avons écrit en 2001 suite au hold-up électoral où
votre protégé a pour une deuxième fois réitéré le même coup que celui de 1996.
Vous étiez parmi les premiers Présidents à le féliciter et à reconnaître cet hold-up
électoral qualifiée de « démocratique » par votre gouvernement. Vous
avez réitéré votre amitié et soutien au dictateur, le Général-Président Idriss
Déby Itno dans votre message de félicitations du 31 mai 2006 que vous lui avez
adressé lors de son troisième hold-up électoral du 3 mai 2006 (Source : AP, citée par le Nouvel Observateur
du 31.05.06). Votre lettre commence
par ces mots lourds de signification : « Monsieur le Président, Cher Ami »
et se poursuit en ces termes :
« A l'occasion de votre réelection à la tête de l'Etat tchadien, je vous
adresse mes chaleureuses félicitations et tous mes vœux de succès dans votre haute
mission ». Ces phrases sont une véritable offense à la mémoire des 25.000
Tchadiens assassinés par votre Ami et de surcroît vous l’encouragez chaleureusement
en lui souhaitant succès dans sa haute mission génocidaire. Comment oseriez-vous, en votre qualité
de Président d’un pays démocratique qui fut à l’origine de la Déclaration des
Droits de l’Homme du 26 août 1789, faire l’apologie
d’une des plus cruelles dictatures du Continent africain et être Ami d’une
telle abjection ? Nous prenons acte de votre mépris
et surtout de ce déni de démocratie et du droit à la vie au relent raciste car
la vie d’un Noir n’a aucune importance à vos yeux. Votre action au Tchad ne serait-elle
pas l’application de votre profonde pensée méprisante et raciste pour les Noirs?
Les Africains exaspérés l’affirment aujourd’hui avec rage et sans retenue aucune
sous tous les cieux. Ils sont confortés dans cette certitude à travers vos déclarations :
celle de 1989 à Abidjan « la démocratie est un luxe pour les Africains »,
suivie de celle du 19 juin 1991 « les odeurs et le bruit des
étrangers des HLM». L’article
4 controversé de la loi du 23 février 2005 demeure encore profondément enraciné
dans l’esprit de nombre de politiques français. Abrogé sous la pression et la
colère des peuples colonisés et des progressistes français, cet article qui stipule
le rôle « positif » de la colonisation ne
serait pas étranger à ce comportement de mépris des Peuples africains par les
gouvernements français successifs de gauche et de droite, géniteurs et apologistes
des dictateurs sur le Continent noir. Partant du principe de la mission coloniale
civilisatrice, les bombardements de l’Armée française des insurgés tchadiens du
FUCD du 13 avril 2006, seraient l’apport à cette horde de sauvages noirs tchadiens,
de la civilisation raffinée blanche supérieure en défendant le gardien du temple
colonial, le dictateur Général-Président Idriss Déby Itno. L’apport d’une mission
civilisatrice sous les bombes, aucun Peuple au
Excellence
Monsieur le Président, quels crimes avons-nous commis, nous descendants de ces
valeureux soldats tchadiens qui ont combattu à leur corps défendant pour libérer
la France du joug et de la domination nazie en 1939 ? Rappelons au demeurant que
les soldats africains ont payé de leur sang la liberté de l’Europe et surtout
de celle de la France sous domination nazie. Le Député Gaston Monnerville (petit
fils d’esclave noir de Guyane) délarait devant l’Assemblée consultative
le 25 mai 1945 « Sans son Empire, la Pourquoi manifestez-vous à notre
égard une telle haine viscérale? Pourquoi compromettre à jamais l’avenir
des générations futures du Tchad en imposant un fasciste, un dictateur criminel
pour lequel le Peuple a une haine viscérale?
Pourriez-vous alors comprendre que
l’on ne peut pas gouverner indéfiniment un Peuple contre sa volonté? Les insurrections
armées contre ce régime qui se répandent comme une trainée de poudre sur l’étendu
du territoire national depuis 16 ans, sont une réaction de légitime défense et
d’instinct de survie à l’instar de celle
dirigée par le Général De Gaulle pendant La résistance française était une
légitime réaction aux crimes nazis. Les FTP-MOI et FFI étaient des rebelles et
résistants. Le Peuple tchadien insurgé a aussi le droit comme le Peuple français
de se rebeller et de résister contre un régime fasciste qu’incarne à merveille
votre protégé, le Général-Président Idriss Déby Itno. Excellence Monsieur le Président,
nous sommes des humains comme votre Peuple alors pourquoi ne nous reconnaissez
pas ce droit élémentaire de tout être humain, le droit à la vie ? Rappelons
au demeurant cette vérité historique que le racisme insidieux et latent s’efforce
d’extirper de la mémoire collective des
Français, que les soldats africains ont payé de leur sang la liberté de l’Europe
et surtout celle de la France sous domination nazie. Les films « Un enfant du pays » de Pierre Javaux, « Indigènes »,
de Rachid Bouchareb et « Thiaroye
44 » de Sembène Ousmane sont des films qui rendent hommage aux soldats noirs
et magrébins qui ont participé à la libération de la France. Enfin, pour paraphraser le chanteur
français Maxime Leforestier, nous sommes le fruit du hasard car on ne choisit
pas ses parents, sa couleur, son pays, son trottoir pour apprendre à marcher…
Excellence Monsieur le Président,
nous venons une seconde fois attirer votre attention sur votre politique africaine.
Nous condamnons fermement la politique criminelle africaine de la France dont
vous êtes l’initiateur. En effet, la Constitution de la 5ème République
vous confère la haute main sur la politique étrangère. Nous, Peuple tchadien victime de
cette tyrannie, avons le droit de crier avec force notre colère pour exprimer
notre profonde douleur loin de la pensée unique et du politiquement correct verbal.
Personne d’autre, mieux que notre Peuple saurait apprécier la profondeur de la blessure dans
notre chair et âme, et la riposte adéquate à apporter. Inversement, Excellence
Monsieur le Président, quelle serait votre attitude si les crimes commis par le
régime du Général-Président Idriss Déby Itno touchaient ceux qui vous sont
chers : vos parents, amis, frères,sœurs ou simplement des hommes et femmes
autour de vous ? Alliez-vous applaudir, garder un mutisme complice et approbateur
en assistant passivement à cette tragédie quotidienne sans réagir face aux
hommes, femmes, enfants égorgés ou qui subissent des traitements dégradants et
humiliants ou sont fusillés, et enfin des villages incendiés pour cause d’appartenance
de rebelles ? Si par extrapolation à votre département,
la Corrèze, accepteriez-vous le principe du châtiment collectif, c’est à dire
que des communes de votre département soient réduites en cendres en répresailles d’un acte
commis par quelques correziens ? Votre soutien, celui de la France
républicaine, démocratique à un Président dictateur criminel
jette de l’opprobre sur le riche et humaniste héritage précurseur de la
démocratie et des Droits de l’Homme de l’hexagone des Siècles des Lumières. N’est-il
pas paradoxal de constater que l’Armée française d’un pays démocratique, entretenue
par l’argent des contribuables fasse l’apologie de la dictature ? Vos belles
paroles et promesses de défense de la démocratie en Afrique ne sont qu’une imposture.
Votre démocratie à géométrie variable est vraisemblablement un luxe pour les Noirs. Ce racisme est confirmé dernièrement
par le changement de régime en Mauritanie négro-africaine et arabisée, issu du
coup d’état du 3 août 2005 du colonel Ely Ould Mohammed
Vall, Directeur de la sûreté nationale mauritanienne depuis 1987. Les Blancs ont
le droit de régler leurs problèmes internes sans immixtion de l’hexagone. Ce droit
n’est pas reconnu aux Noirs. C’est suivant cette logique que le coup de force
en Mauritanie n’a suscité aucune condamnation de
la France en revanche au Tchad, lors de la percée fulgurante des insurgés tchadiens
du FUCD le 13 avril 2006 aux faubourgs de N’Djaména, nous avons assisté à la réaction
rapide et ferme du Gouvernement français d’abord par l’intervention militaire,
puis par la voix du porte-parole du Quai d’Orsay Jean-Baptiste
Mattéi qui martella : «…nous refusons la prise du pouvoir par les armes» et
pourtant, c’est bien la France qui a aidé le Colonel Idriss Déby à prendre le
pouvoir par les armes en décembre 1989 en renversant le Président d’alors Hissène
Habré en odeur de sainteté avec les USA qui voulaient en découdre avec le Colonel
Kadafi de Libye, mais aussi parce que Hissène Habré aurait aussi manifesté quelques
veilléités d’indépendance par rapport à la Françafrique en octroyant le pétrole
tchadien aux USA (Cf.Dossier Noir de la politique africaine de Les coups d’état militaires initiés
par la France dans le pré-carré sont légions, légitimes et conformes à la politique
africaine de la France : au Tchad, au Mali, au Gabon, au Burkina Faso, au Congo
Brazzaville, au Togo, au Bénin, en Côte-d’Ivoire, aux Comores, à Djibouti … La prolifération des mouvements armés
au Tchad, expression légitime des masses populaires
en réaction aux crimes commis quotidiennement par votre Ami Idriss Déby Itno depuis
16 ans, démontre le rejet total de son pouvoir par notre Peuple. Excellence Monsieur
le Président, seriez-vous conscient et bien informé de la situation politique réelle
au Tchad ? Le soutien de la France aux coups
d’état militaires du Général François Bozizé en collaboration avec le corps expéditionnaire
du Général-Président Idriss Déby Itno, le 13 mars 2003 contre le Président démocratiquement
élu Ange-Félix Patassé qui aurait manifesté quelques velléités d’indépendance
en fermant les bases militaires françaises en Centrafrique, la guerre que continue
de livrer la France au Président de la Côte-d’Ivoire, Monsieur Laurent
Gbagbo,démocratiquement élu et non imposé par l’Elysée et la Françafrique, le
soutien de la France au coup d’état de Faure Gnangsibé, le fils de votre autre
Ami,le Général Gnangsibé Eyadema du Togo, instaurant de fait une monarchie constitutionnelle…sont
autant de preuves qui viennent corroborer votre déni de démocratie à l’Afrique
noire. Quand les Peuples, victimes des dictateurs
criminels que vous leur imposez, s’insurgent, votre gouvernement les qualifie
de rebelles et emploie son refrain classique :
«…nous refusons la prise du pouvoir par les armes ». Le mépris des Noirs,
leur infantilisation, leur humiliation permanente et leur domination néo-coloniale
continuent. Cela est intolérable, insupportable et doit cesser. Excellence, Monsieur le Président,
cette tradition coloniale d’essence raciste, profondément ancrée dans votre subconscient
est certes issue du passé de la traite négrière, puis du passé colonial de votre
pays. Cependant, le Peuple tchadien n’entend nullement rester esclave de la Françafrique
au début de ce troisième millénaire. Nous n’acceptons pas de voir les nôtres être
raccourcis quotidiennement par votre Ami Déby. Il est par conséquent légitime
que notre Peuple se batte les armes à la main
pour se libérer de cette oppression du pouvoir fasciste du Général-Président
Idriss Déby, à l’instar des résistants français :
le Général De Gaulle, les FFI , les FTP qui ont libéré par les armes
la France de l’occupation nazie de 1939. Cette politique de la France, d’essence
raciste, impérialiste et coloniale appliquée en particulier au Tchad depuis l’indépendance
nominale de Le politiquement correct en expression,
la pudeur, l’indifférence ou le silence ont toujours éludé ce génocide
silencieux, méticulé, programmé et endémique au Tchad. Pourquoi, les survivants
profondément meurtris dans leurs chairs par les assassinats quotidiens du régime
du Général-Président Idriss Déby Itno de leurs enfants et nourrissons, frères, sœurs,
mère, père, amis, vieux et jeunes devraient-ils se taire, pleurer ou mourir en
silence sans oser se défendre ? Outre ces assassinats, les plus « chanceux »
et survivants subissent quotidiennement des traitements humiliants et dégradants,
des viols et confiscations de leurs biens.
La cruauté de votre protégé n’a jamais
été égalée dans les annales de la barberie des dictateurs comme en témoignent
les exemples des femmes enceintes qui ont été éventrées et les fœtus arrachés !
(Cf. Tchad le procès d’Idriss Déby,Témoignage à charge. Ngarlejy Yorongar,
éd. L’Harmattan, Paris, 2003). D’autres sources indépendantes comme
celle du Pasteur suisse, Roland Hammel, dans son témoignage : « Tchad :
sait-on vraiment ce qui se passe ? » dans l’hebdomadaire Jeune Afrique
n°1855 du 24 au 30 Juillet 1996, mérite d’être lue. Son récit suscite de la
répugnance et renforce cette thèse de crime contre l’humanité dont est
coupable le Général-Président Idriss Déby Itno avec le soutien inconditionnel de la France.
En 16 ans de règne, le Général-Président
Idriss Déby Itno n’a remporté démocratiquement aucune élection. Les Présidentielles
de 1996 et 2001 ont été confisquées grâce aux hold-up électoraux supervisés par
le spécialiste de fraudes électorales, agent de l’impérialisme français (la Françafrique),
Monsieur Grand Esnon (Cf. Ouvrages, « Noir Silence, qui arrêtera la Françafrique»
de François-Xavier Verschave, éd. Les arènes, Paris, 2000 et « Noir Procès » de François-Xavier
Verschave et Le Canard Enchaîné n°4463 du 10.05.06,
« L'armée française agent électoral au Tchad » écrit : « ...Pas de
démonstration de force,donc,mais un solide soutien logistique au déroulement de
cette farce électorale, taillée sur mesure pour Idriss Déby, le vieux compagnon
de route de La France a ainsi consacré « démocratiquement »
la dictature du Général-Président Idriss Déby
Itno au Peuple tchadien.
Le mutisme de la France est une approbation
de la révision de l’article 61 de la Constitution
par le Général-Président Idriss Déby Itno le 24 juin 2005, lui permettant de s'éterniser
au pouvoir. Le Peuple a ainsi assisté au sacre du « Roi
Déby 1er du Tchad » par Selon le rapport d’enquête sur les crimes de l’Ex-Président
Hissène Habré publié en 1996 par la commission internationale, 40.000 Tchadiens
furent assassinés par les forces de l’ordre
dirigées personnellement par l’actuel Président Idriss Déby, alors Colonel et
Chef d’État-Major général de l’Armée tchadienne. À cet horrible rapport, viennent
s’ajouter d’autres preuves accablantes contre le Président Idriss Déby :
le volumineux rapport de la mission d'enquête du 12 au 23 juillet 1991 du
Magistrat Jean-Paul Jean, pour le compte de la Fédération internationale
des Droits de l'Homme (FIDH), mentionne : 54.000 arrestations arbitraires et 80.000
orphelins dont les parents ont été sommairement exécutés entre 1980 et 1990.
Outre son sport favori, l’assassinat
des Tchadiens, le Général-Président Idriss Déby est aussi un rédoutable prédateur
des deniers publics. Enfin, le Général Idriss Déby est
coupable de délinquance financière internationale : fausses monnaies, trafics
de drogues (Cf. " Noir Procès " de F.X.Vershave et
LesTchadiens voient les leurs massacrés, pillés, violées, subir quotidiennement des traitements humiliants et dégradants. Les Africains savent que les Dictateurs-Présidents africains de l'acabit du Général-Président Idriss Déby Itno, petites créatures malfaisantes du capitalisme et de l'impérialisme, ont été choisies et imposées par le néo-libéralisme afin de mieux exploiter et piller l’Afrique. Les apologistes invétérés de l’impérialisme
en Afrique affirment avec un cynisme déconcertant que pour la France, l’Afrique
n’est pas vitale mais pèse plutôt financièrement sur l’hexagone. Si cette assertion
est vraie, alors comment expliquer le maintien des troupes françaises en Afrique
avec parfois des pertes de soldats français engagés dans les combats en renfort
aux dictateurs africains ? Et ce dans quels intérêts ? Pourquoi la participation
de ces troupes dans des
opérations policières de maintien de l’ordre intérieur, c’est à dire la guerre
contre les Peuples insurgés ? À qui profite la zone monétaire du Francs CFA (FCFA) créée en décembre 1945 dans le Pré-carré et dont la parité est fixée unilatéralement par
la France ? Le 11 janvier 1994 la dévaluation
du FCFA (sans consultation des Africains ) de 50% par rapport au Francs Français
(FF) imposée aux pays de L’indice de pauvreté à Abidjan
est passé en 1993 de 0.05 à 0.20 en 1995 (Source : The Impact of the
1994 Devaluation on Poverty in Côte d'Ivoire, Banque Mondiale 1994). Les conséquences
de la dévaluation non choisie mais imposée par
la France est l’une des causes de la paupérisation accrue des paysans africains. La lecture
de l'extrait du solde du
compte courant extérieur pour quelques pays d'Afrique de l'ouest sur le site de
la banque de France, présente pour l’année 2004 les chiffres suivants : - Benin 733 milliards fcfa
= 1,11 milliards d'euros - Burkina faso 659 milliards fcfa = 1 milliard d'euros - Cote d'ivoire 4563 milliards = 7 milliards d'euros - Guinée bissau 97 milliards = 147 millions d'euros - Mali 984 milliards =
1,5 milliard d'euros - Niger 445 milliards =
678 millions d'euros - Sénégal 2336 milliards = 3,5 milliards d'euros - Togo 823 milliards = 1,25 milliard d'euros Le mécanisme de ces chiffres
est le suivant : lorsqu'un pays comme la Côte-d'Ivoire vend du cacao pour
un million de dollars aux USA, ces derniers versent 1 million de dollars au trésor
français qui retient 65 % ( la part de la Banque de France) et donne
35 % à
Dans ces conditions d’exploitation
et de pillages impérialistes, la misère des masses populaires croît à un rythme exponentiel. Pourquoi
s’étonner alors de la vague d’immigration des Noirs vers le Nord ? La loi
naturelle qui régit l’être humain, c’est l’instinct de survie. Il est tout autant
naturel que les Hommes migrent vers les pays où ils pourraient
assurer leur survie et cela d’autant plus que la prospérité des pays du
Nord est pour une bonne partie basée sur l’exploitation et les pillages des ressources
naturelles et de l’exploitation humaine des pays du Sud depuis la traite négrière.
La migration hivernale des oiseaux
de l’hémisphère Nord vers l’Afrique procède de cette logique de survie. C’est
une loi immuable et naturelle de l’être humain. Pour l’Afrique, continent jeune (70% de la population
a 25 ans), dotée d’immenses ressources naturelles faune, flore et minières (forêts,
fleuves, rivières, gibiers, poissons, pétrole ,diamant, uranium, coltan, phosphates,
fer,…), l’immigration ne serait qu’un vague souvenir lointain si seulement la
domination militaire, économique, culturelle, l’exploitation et les pillages des
ressources humaines et naturelles du continent cessaient. L’unique alternative
pour notre continent est de conquérir sa véritable indépendance militaire, économique
et politique par tous les moyens. Quand les Peuples du Tchad et ceux
des autres pays de la Françafrique choisiront
librement leurs dirigeants et leurs projets de sociétés sans se voir imposer
militairement les Présidents ou mieux encore ces gouverneurs délégués (gardiens
des temples coloniaux de l’acabit de Idriss Déby au Tchad) par les réseaux mafieux
de l’impérialisme français, ils sauront trouver les ressources endogènes nécessaires
pour bâtir des Etats de droit, prospères qui seront au service de leur bien-être
et des intérêts du continent africain. Excellence Monsieur le Président, la situation est gravissime
au Tchad. Elle est intenable pour notre
Peuple. Accepteriez-vous de vivre sous un tel régime criminel et de terreur? Qu’auriez-vous
fait en tant qu’être humain qui aspire simplement à la vie comme tous les autres?
Quelle serait votre réaction face à ces horreurs indescriptibles? Toute
communauté humaine victime d’une telle barbarie se doit de réagir en opposant
son droit à la légitime défense pour sa survie. Nous osons espérer que vous nous
compreniez et ce, malgré les intérêts qui seraient les vôtres, cependant, hélas,
contraires aux nôtres. Parmi ces derniers, le premier intérêt et le plus élémentaire est
le droit à la vie au Peuple tchadien. L’article 15 de la Constitution de la République française
stipule « Le Président de la République est le chef des armées. Il préside
les conseils et comités supérieurs de la Défense nationale ». À ce titre,
il est légitime que notre Peuple qui vient de perdre encore plusieurs centaines de personnes hormis les
victimes des dégâts collatéraux suites aux bombardements de l’aviation française,
vous tienne directement responsable de la dernière double intervention de l’armée
française de l’opération épervier au Tchad. Selon les estimations du FUCD et des
parents de victimes, environs 500 personnes auraient
péri sous ces bombardements de l’aviation française
le 13 avril 2006. L’Association Tchad Paix et
Libertés (ATPL) dans un communiqué de presse livre le triste bilan des combats :
« Le jeudi 13 avril 2006, tôt dans la matinée, les forces armées françaises
stationnées au Tchad, usant de leurs moyens militaires aériens (hélicoptères,
Jaguar et Mirage 2000) ont ouvert le feu sur les forces rebelles à l’entrée de
la capitale tchadienne N’djaména. Les tirs des avions français ont tués des populations
civiles innocentes. Plusieurs personnes ont été atrocement blessées, décapitées
et certaines ont succombé sur place faute de soins d’urgence. Plusieurs autres
personnes sont admises à l’hôpital. L’ATPL a dénombré, provisoirement, 23 victimes
civiles dont 7 enfants, 5 femmes et 11 hommes (…) Les forces françaises viennent
par ce forfait endeuiller le Peuple tchadien martyr, saigné dans son âme et sa
chair. Ce crime odieux ne peut en aucun cas être assimilé à des tirs de semonces.
C’est une action préparée et exécutée à un moment précis et dans un périmètre
bien choisi. L’ATPL assimile cette opération militaire des forces françaises à
un crime de guerre et demande que les responsables soient identifiés et jugés».
Des
centaines de Tchadiens ont été lâchement assassinés et mutilés par l’intervention
militaire française. Eu
égard à cette barbarie de votre politique, Excellence Monsieur le Président, n’attendez
pas de notre Peuple un silence complice, de la résignation ou une quelconque capitulation
face à cet odieux crime contre l’humanité dont il est victime. La
réaction légitime du Peuple pour se débarasser du tyran dictateur Idriss Déby
Itno va se poursuivre et croître en puissance. Il choisira la riposte appropriée
eu égard à la gravité de la situation et à l’ampleur des crimes commis. Avec un cynisme déconcertant, nous avons assisté à une auto-déculpabilisation du gouvernement français en des termes blasphématoires pour nos morts : Le gouvernement français prétend qu’il n’y a pas eu d’intervention militaire directe ; mais son appui logistique est évident : transport de troupes, de matériel militaire…« Les missions de renseignement et d’appui ont joué un rôle décisif » explique Le Monde, « l’armée tchadienne a été informée heure par heure de l’avancée des colonnes rebelles survolées par les Mirage français». Elle laisse l’armée tchadienne faire le sale boulot : « Nous avons informé les Tchadiens ; ils se sont débrouillés» explique un capitaine de parachutistes de l’armée française. Le
lieutenant-colonel Fabien Bajon Amal, commandant du groupement tactique air d'Épervier
déclara « le mercredi 12 avril, une de nos patrouilles Mirage F1 a repéré
à Quelle
que soit la forme de soutien français au Général-Président Idriss Déby Itno, le
Peuple tchadien victime de ce dictateur ne trouverait aucune circonstance atténuante
à cette politique coloniale et impérialiste de la Françafrique qui le décime depuis
des décennies. Les guerres
ont toujours été remportées par une logistique soutenue et des renseignements
fins et efficaces. La France ayant fourni ces éléments décisifs de la contre offensive
victorieuse de l’armée gouvernementale est incontestablement partie prénante. Il n’y a,
par conséquent, aucune ambiguité possible sur l’intervention et la participation
directe de l’armée française pour soutenir le président tyran contre le Peuple
tchadien insurgé. Du 14 mars au 13 avril
2006, l’espoir de notre Peuple de chasser du pouvoir le criminel invétéré, le Général-Président
Idris Déby Itno a été une nouvelle fois brisé : 1- Selon une
dépêche de l’AFP, le 14 mars dernier, c’est sous bonne escorte de l’Armée française
que le Général-Président Idriss Déby Itno a regagné le palais rose, à son retour
précipité de Guinée-Equatoriale où lui avaient été communiqués des renseignements
sur le coup d’état en préparation. 2- Le
20 mars dernier l’Armée française a assisté l'Armée nationale tchadienne dans son offensive contre deux forces de l’opposition,
le SCUD de Yaya Dillo Djerrou et le RPJ de Tollimi Abakar dans
la localité de Hadjar Marfaïne à l'Est. Rappelons que ces deux mouvements appartiennent
au Rassemblement des Forces Démocratiques (RaFD) dirigé par Tom Erdimi. Le communiqué de presse du 22 mars du leader du SCUD Yaya Dillo
Djerrou accuse sans détours les forces
aériennes françaises d'avoir transporté sur le théâtre des opérations «tout le
matériel militaire et les troupes gouvernementales tchadiennes» tandis que «des
avions de surveillance» français suivaient « en direct les déplacements des troupes
du SCUD». Toujours selon ce communiqué, « Idriss
Déby a préparé son offensive de bout en bout avec l'appui actif de l'ambassadeur
de France et grâce à la logistique de l'opération Epervier au Tchad», « les
hélico français n’ont cessé de faire des navettes incessantes entre Abéché, Adré
et les champs de bataille, fournissant hommes et matériel aux forces gouvernementales.
Idriss Déby a été escorté par l’armée française dans un avion français à Farchana
; de Farchana, c’est dans un avion français qu’il a été ramené à Abéché dans la
soirée du 20 mars »... 3- Trois semaines
plus tard, le 13 Avril, les forces d’un autre mouvement armé d’opposition, le
FUCD du Capitaine Mahamat Nour, parties depuis l’Est du Tchad, étaient arrivées
aux faubourgs de N’Djaména. Le régime criminel
du Général-Président Idriss Déby Itno était sur le point d’être anéanti. Cependant,
hélas, l’intervention directe de l’armée française qui a coûté la vie à plus de
500 combattants du FUCD selon le porte parole du Mouvement a permis de sauver
le dictateur et de consolider son pouvoir. Outre ces victimes militaires, plusieurs
civiles ont été tués pendant et après les combats. Le gouvernement continue les
exécutions sommaires et les arrestations en accusant des centaines de civiles
de sympathie, d’intelligence ayant des liens de parenté ou appartenant simplement
à la même ethnie que les leaders des mouvements armés. La peine collective est
la règle d’or du régime foulant ainsi au pied la norme élémentaire d’une justice
civilisée et des Droits de l’Homme. Excellence Monsieur le
Président, oseriez-vous encore justifier ces interventions militaires françaises
contre une prétendue agression extérieure du Tchad ? ou pour instaurer la
démocratie au pays de Toumaï ? Pour notre Peuple, ces deux dernières interventions
ont pour unique objectif de sauver le trône du dictateur Général-Président Idriss
Déby Itno, menacé de toute part par les mouvements armés FUCD, MDJT, RaFD,TELSI,
MPRD…qui incarnent la légitime résistance populaire du Peuple tchadien insurgé
contre la tyrannie. L’Armée de la République
française, pays de démocratie et berceau des droits de l’Homme, qui, loin d’instaurer
la démocratie, défend incontestablement, consolide et pérennise la dictature
au Tchad. Ces interventions témoignent si besoin en était de l’hypocrisie
de la France officielle, cette politique coloniale et impérialiste qui dénie aux
Africains et au peuple tchadien, le droit à la démocratie, à la liberté et à l’indépendance.
Cet impérialisme dans le pré-carré, communément appelé Françafrique selon la terminologie
de l’Association française, Survie, créée par François-Xavier Verschave, est une
réalité qui heurte la conscience de tous les véritables
démocrates du monde. Excellence Monsieur le
Président, en votre âme et conscience, accepteriez-vous de vivre sous un régime
criminel comme l’est celui du Général-Président Idriss Déby Itno ? N’avez-vous jamais pris connaissance des crimes
contre l’humanité commis par ce personnage de nature criminogène? Nous osons fort douter vue l’omniprésence
des bases militaires françaises et ses 1200 hommes, les quelques 2000 civiles
et surtout le véritable Gouverneur du Tchad, l’Ambassadeur de France, M. Jean-Pierre
BERÇOT dont les déclarations sont une offense et un véritable mépris pour notre Peuple. Dans son
discours prononcé lors de La presse
tchadienne fustigée par l’Ambassadeur remplit avec courage et professionnalisme
son devoir d’information mais aussi de résistance contre la tyrannie du régime.
Les multiples embastillements, les tortures, les mises en sac des locaux des journaux…dont
sont victimes les journalistes indépendants tchadiens témoignent de la nature
dictatoriale du pouvoir. Les rapports des
associations des Droits de l’Homme, la FIDH, de RSF, LIDH, Amnesty International,
LTDH stigmatisent la nature du régime. Exception faite pour son Excellence Monsieur
l’Ambassadeur qui demeure, lui aussi, aphone et aveugle.
Dénoncer
les collabos et le brain-trust du dictateur, fustiger les crimes commis par le
pouvoir…sont aux yeux de Monsieur l’Ambassadeur, le crime de lèse-majesté et mérite
l’embastillement. Un Ambassadeur
est le porte-parole de son pays. L’absence de toute réaction officielle du gouvernement
français aux agissements diplomatiquement incorrects de M. Jean-Pierre
BERÇOT, signifie approbation et encouragement dans le mépris de notre
Peuple. Cette politique néo-coloniale de la France en Afrique
a été reconnue et dénoncée par une imminente personnalité française et de surcroît
le présidentiable de la droite (UMP). En effet, le Ministre d’Etat Ministre de
l’Intérieur, Nicolas Sarkozi a affirmé dans son discours à Cotonou (Bénin) le
19 mai la nature criminelle, mafieuse, néo-coloniale de la politique africaine
de la France (la Françafrique). Il a stigmatisé la Françafique en ces termes :« Au
Bénin, je constate que l'Afrique aime Plusieurs associations et Partis
politiques de l’hexagone ont eux aussi condamné l’intervention militaire française
au Tchad : Dans un communiqué du 19 avril 2006, les Verts ont écrit :
« Les Verts demandent le retrait de la présence militaire française au Tchad.
Ils dénoncent le soutien politique et militaire constant de la France à Idriss
Deby et son soutien à l’élection présidentielle du 3 mai qui, dans le contexte,
promet d’être une nouvelle mascarade ». Arlette Laguiller dirigeante de Lutte
Ouvrière, s’insurge contre l’impérialisme et le capitalisme français : « En
protégeant les régimes locaux, l’armée française protège les groupes capitalistes
qui pillent les richesses naturelles de ces pays (…) Les relations entre la France
et l’Afrique, c’est tout cela. Y mettre fin, ce serait mettre fin à un système
économique et social fait pour polariser la richesse entre quelques mains en appauvrissant
la majorité de Le Parti Communiste Ouvrier
de France (PCOF) dans son mensuel, La Forge n° 462 d’avril 2006, écrit : «
Rompre avec la "françafrique", au Tchad et ailleurs. L'armée française
vole au secours de Déby . Le régime de Déby est porté à bout de... fusil par l'armée
française. Au nom du "maintien de la stabilité" d'un régime corrompu,
(…) Il s'agit, ni plus ni moins, d'une opération de guerre, avec des moyens terrestres
et aériens français… ». David Mozersky,
analyste de Crisis Group (une institution internationale d’étude sur la paix basée
à Bruxelles) dans un rapport publié le 01 juin 2006, affirme « l’absence
au Tchad d’un espace politique national a transposé les différences politiques
sur le terrain militaire », Selon ce rapport, « les seize années au
pouvoir de Déby ont été marquées par plusieurs tentatives de coups d’Etat et rébellions,
réprimées avec une extrême violence ou partiellement résolues par l’expulsion
de dissidents vers le Soudan ou L’offensive
rebelle d’avril Excellence Monsieur le Président,
au nom d’une fumeuse théorie de la stabilité en Afrique francophone, la France
continue de dépenser des sommes importantes d’argent des contribuables pour entretenir
des bases militaires dans certains pays du continent (Djibouti,
Sénégal, Gabon, Tchad, Côte-d’Ivoire…) depuis l’époque coloniale. Quarante six ans (46 ans) après les
indépendances nominales, nous constatons que les interventions militaires françaises
augmentent en nombre et en qualité sans pour autant asseoir une quelconque stabilité
politique et économique pour les populations.
En revanche, ces interventions militaires ont toujours permis le sacre des dictateurs,
de les sauver, de les protéger et enfin, de pérenniser leurs pouvoirs contre les
Peuples insurgés qui se battent les armes à la main pour se libérer des tyrans
imposés par la France. L’opération Manta au Tchad en Pendant la percée victorieuse du FUCD
à N’Djaména,150 militaires supplémentaires de la base du Gabon sont venus renforcer le dispositif
épervier au Tchad, soit 1.350 hommes et cet important matériel pour voler au secours
du tyran Idriss Déby en liquidant la colonne du Peuple insurgé composée de centaines de combattants. Outre l’argument du maintien de la
stabilité pour justifier les interventions ou expéditions coloniales françaises,
les différents gouvernements français invoquent mécaniquement et inlassablement
la lithanie reprise le 14 avril dernier par le Ministre de Officiellement, la France n’a le
droit d’intervenir militairement aux côtés des forces tchadiennes qu’en cas d’agression
extérieure, ceci depuis la signature d’un accord de coopération militaire datant
de 1976 sur l’assistance technique et la formation des militaires tchadiens qu’apporterait
Le « maintien
de l’ordre intérieur est maintenant assuré par Le corps
expéditionnaire tchadien a renversé le Président centrafricain démocratiquement
élu, Ange-Félix Patassé, en mars 2003 et
s’était aussi illustré au Congo Brazzaville… Enfin, autre raison évoquée par les
officiels français pour justifier les interventions militaires est la protection
de leurs ressortissants au nombre de 1.500
au Tchad. Ces derniers n’ont jamais été directement ménacés par les insurgés du
FUCD d’une part, et d’autre part, les moyens considérables mis en place pour leur
évacuation va au-delà du strict besoin humanitaire. Les multiples insurrections
armées au Tchad n’ont pas jamais visées les ressortissants français. En revanche,
les interventions militaires françaises ont coûté la vie à plusieurs milliers
de morts et mutilés tchadiens. La
dernière intervention contre le FUCD aux portes de la capitale a semé la mort
dans les rangs de la population :500 morts en quelques heures,soit le tiers
des ressortissants français dans le pays. De 1978 à 2003, on a
dénombré 20 interventions militaires en Afrique (source : L'Express du 27.10.2005). Celles
du Tchad de 1968, 1969, 1976, 1983, 1986 et 2006 sont une tragédie pour notre
Peuple car des milliers d’orphelins vivent dans un dénuement total. Excellence Monsieur le Président,
le bilan de ces interventions militaires au Tchad sont négatives et anachroniques.
Elles sont d’abord onéreuses pour les contribuables français. Elles n’ont apporté
ni sécurité, ni stabilité, ni développement socio-économique, ni démocratie, ni
liberté et Droits de l’Homme aux Tchadiens. Selon l'indice 2006 des « Etats en échec » publié par la revue
spécialisée américaine Foreign Policy, le Tchad occupe la 6ème place
parmi les pays les plus vulnérables du monde. Le seul succès
des interventions militaires françaises au Tchad et Afrique, c’est d’avoir légitimé et institutionalisé les dictatures
en système de gouvernement au service des intérêts exclusifs de la France. Notre
Peuple a encore présent dans son esprit, l’implication de la France dans le Génocide
au Rwanda.Cela est inquiétant et abominable. En effet, Plusieurs ouvrages dont
le rapport de la Commission d'Enquête Citoyenne(CEC)sur
le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 (22-26 mars 2004)
confirment la responsabilité de l'hexagone
dans cette tragédie humaine du siècle qui a coûté la vie de 800.000 à 1 millions de Rwandais
en 100 jours (Sources : « Imprescriptible: l'implication française dans
le génocide tutsi portée devant les tribunaux»
de
Excellence Monsieur le Président,
votre refus persistant de changement de la politique africaine de la France teinté
de mépris pour les souffrances de notre Peuple aurait de fâcheuses répercussions
sur les relations futures entre le Tchad et Le sentiment anti-français qui monte
au sein de la population tchadienne des villes et campagnes est une réalité que
vous devriez prendre en considération. Selon un recent sondage auprès des
lecteurs de Jeune Afrique, l’Intelligent, à la question suivante : « La France a apporté son assistance militaire au président
tchadien Déby Itno face à l'offensive de La même question posée
aux Tchadiens reccueillerait incontestablement plus de 90% d’opinion négative
comme en témoignent toutes réactions qui foisonnent dans les journaux et
sites internet tchadiens. Excellence Monsieur le Président
, le Peuple tchadien comme celui d’Algérie se souviendra encore longtemps de ses
milliers de morts causés par l’impérialisme français et ses exécutants locaux,
les dictateurs de la Françafrique incarnés par le Général-Président Idrss Déby
Itno. Dans son allocution à l’occasion
du 61èmeanniversaire des massacres de Sétif par les troupes coloniales
françaises le 8 mai 1945 et qui a fait environ 45.000 morts, le Président Algérien
Adelaziz Boutéflika déclara « Il eût sans doute mieux valu, dans l’intérêt de
nos deux peuples et de leur amitié qui n’en existe pas moins fût-ce en pointillé
et de manière interstitielle, que des Français disent à d’autres Français, de
manière calme et ferme : Oui, notre aventure coloniale a été génocidaire.
Oui, colonisation n’a pas rimé avec modernisation, mais avec décivilisation. Oui,
notre Etat doit se purger de sa face obscure, de sa face colonialiste et pour
cela, comme l’ont fait d’autres Etats à travers le monde, présenter ses excuses
aux peuples auxquels il a imposé son oppression colonialiste et en particulier
au peuple algérien qui l’a subie de manière si longue, si brutale, si multiforme,
si génocidaire.» Ce
refus de changement qui allie le mepris et une certaine condescendance des Gouvernements
français sur les Peuples colonisés, touve son illustration dans la réaction du
Gouvernement et du Peuple algérien qui, 61
ans après les massacres de Sétif, refusent
toujours de signer le traité d’amitié entre
les deux pays. Excellence Monsieur le Président,
nous osons encore espérer qu’un sursaut d’humanité, d’humanisme et de raison
puisse encore traverser votre esprit. Vous pourriez ainsi poser les jalons d’une
nouvelle politique africaine de la France, débarrassée du paternalisme futile
et encombrant , de l’impérialisme, du néocolonialisme et pour le respect des peuples
africains. C’est seulement dans ces conditions alternatives que vous éviterez
le risque majeur et irréversible que vous faites courir aux relations futures
entre la France et l’Afrique. Les
Trois (3) conditions urgentes, immédiates et rationnelles que notre Parti, l’ACTUS
exigerait pour l’amorçage de cette nouvelle politique de coopération sont : 1- Le retrait
inconditionnel des Troupes et la fermeture des bases militaires
françaises du territoire national tchadien ; 2- Laisser notre
Peuple élire démocratiquement et librement son Président sans aucune imposition et
interférence de la France ; 3- Laisser notre
Peuple choisir librement son système politique, économique et son
projet
de société qui seraient conformes à nos légitimes aspirations.
Excellence Monsieur le Président, notre
Peuple lutte pour une coopération et un projet de société choisis et non subis
car imposés par l’impérialisme français.En figeant la situation actuelle,
contre la volonté des masses populaires tchadiennes, vous vous associez de facto
et irréversiblement au dictateur, le Général-Président Idriss Déby Itno. Vous
serez aussi personnellement comptable et coupable de ses crimes contre l’humanité,lesquels
seraient juridiquement partagés par la France et surtout malheureusement par cette
infime partie de Français lucides, éclairés et clairvoyants, qui incarnent la
France internationaliste, progressiste, généreuse et humaniste. À cette minorité progressiste, le
Peuple africain est solidaire et lui exprime sa profonde reconnaissance et gratitude.
L’Afrique qui lutte pour sa liberté, sa dignité et son indépendance véritable
saurait faire la différence entre ses oppresseurs et ses alliés de classe. Excellence Monsieur le Président,
prendriez-vous le risque d’être jugé devant l'histoire pour crimes contre l’humanité
aux cotés de votre Ami, le dictateur Général-Président Idriss Déby Itno? Dans
l’affirmatif, vous ternirez voire compromettrez à jamais l’honneur, la dignité
et le rayonnement de la France dans le monde et particulièrement en Afrique. Dans l’espoir que la
volonté du Peuple tchadien soit strictement respectée, nous vous prions de croire,
Excellence Monsieur le Président de |
Pour l’Action du Tchad pour l’Unité
et le Socialisme (ACTUS) Le Secrétaire Général Dr Courriel : actus@club-internet.fr Tél : 00 33(0)6 29 97 25 71 |